Flutterwave poursuit l’élargissement de ses activités financières sur le continent africain. Olugbenga Agboola, cofondateur et directeur général de l’entreprise nigériane de Fintech, a laissé entendre que le groupe était en cours d’acquisition d’une banque dans un pays d’Afrique de l’Est. Il n’a toutefois pas voulu préciser le nom de l’établissement ciblé ni celui du pays concerné. L’opération n’est, à ce stade, pas finalisée.
Cette information tombe quelques mois après une évolution importante du statut de Flutterwave au Nigeria. En janvier, l’entreprise avait acté l’acquisition de Mono, une société nigériane spécialisée dans les infrastructures de connexion entre services financiers. Le 2 avril, Flutterwave avait ensuite obtenu de la Banque centrale du Nigeria un agrément de banque de microfinance. Cette licence doit permettre au groupe de développer davantage ses propres services financiers. Jusqu’à présent, Flutterwave intervenait principalement comme infrastructure de paiement, en s’appuyant sur des établissements bancaires partenaires pour certaines opérations. La conservation des dépôts, l’émission de cartes ou encore certains services liés aux comptes nécessitaient ainsi l’intervention de banques disposant des autorisations correspondantes.
L’obtention d’un agrément bancaire modifie en partie ce modèle. Elle permet à Flutterwave d’intégrer davantage de fonctions financières à son offre et de réduire sa dépendance à l’égard de partenaires bancaires pour certaines opérations. Quelque 40 milliards de dollars avaient transité par la plateforme depuis sa création, sans que Flutterwave ne conserve directement ces fonds. Le groupe cherche par ailleurs à atteindre la rentabilité. L’acquisition d’une banque existante constitue également un moyen de s’implanter plus rapidement sur un nouveau marché. Une telle opération peut donner accès à une clientèle, à des infrastructures et à un réseau déjà établis, sous réserve des autorisations réglementaires nécessaires.
Flutterwave évolue dans un secteur où les rapprochements entre fintechs et établissements financiers se multiplient. Au Nigeria, Paystack, filiale de Stripe, a ainsi acquis la banque de microfinance Ladder. Moniepoint a finalisé l’acquisition de la banque kényane Sumac. Dans le même temps, plusieurs groupes bancaires traditionnels, notamment Access Bank, KCB Group et FirstRand, poursuivent leurs investissements dans les fintechs. Pour Flutterwave, l’Afrique de l’Est s’inscrit dans une stratégie d’expansion plus large. La direction a identifié plusieurs marchés prioritaires, dont le Kenya, le Ghana, le Rwanda, la Tanzanie, l’Afrique du Sud et l’Égypte. La République démocratique du Congo et l’Éthiopie figurent également parmi les marchés envisagés à plus long terme. Les modalités d’entrée varieraient selon les pays, entre acquisitions, obtention de licences et partenariats.
Plusieurs éléments restent néanmoins inconnus, notamment le statut réglementaire de la banque ciblée en Afrique de l’Est. Il devra déterminer l’étendue des activités que Flutterwave pourra exercer sur ce marché. Parallèlement à son expansion, l’entreprise prépare également, toujours avec une certaine discrétion, sa prochaine étape sur les marchés financiers. On sait cependant que le Nigeria devrait constituer le point de départ d’une éventuelle introduction en Bourse, alors que le Nasdaq était jusqu’ici souvent présenté comme une perspective possible. Aucune modalité de cotation n’a cependant été arrêtée à ce stade.
