Ses rêves d'enfance, Fadji Zaouna Maina ne les a pas abandonnés en cours de route. La première scientifique nigérienne à intégrer la National Aeronautics and Space Administration (NASA) avait toujours l'ambition de solutionner les problèmes d'eau dans sa ville natale. Maintenant, elle peut s'attaquer aux crises mondiales de l'eau avec les données de la puissante structure américaine.

La jeune hydrologue de 29 ans de Zinder, au Niger, a rejoint la NASA le 27 août dernier. Le président nigérien Mahamadou Issoufou l'a qualifiée de «fierté nationale et de modèle pour la jeunesse du Niger». En réponse, Fadji Zaouna Maina a affirmé avoir repoussé ses limites. « J'ai rendu cela possible et j'ai rendu tout un pays fier. Les chances pour une fille comme moi de devenir scientifique dans une institution bien connue comme la NASA sont presque nulles »
Fadji Zaouna Maina ne cesse de rappeler que la crise de l'eau au Niger continue de s’aggraver en raison du changement climatique. En tant que petite fille de Zinder, avoir de l'eau du robinet chez elle lui a donné un avantage sur les autres enfants, en particulier les filles qui devaient aller quotidiennement chercher l'eau. «Des gens pensent toujours que les garçons devraient aller à l'école et les filles trouver de l'eau et revenir faire la cuisine et le ménage», a déploré Maina à Share America, et d’ajouter que l'éducation des filles demeure un problème majeur.
«J'ai une grosse responsabilité sur mes épaules parce que je crois que je dois changer l’image de mon pays », a aussi déclaré Maina qui, à 16 ans, a bouclé ses études secondaires. Elle lutte pour l'éducation et l'autonomisation des filles depuis son adolescence et a été députée junior à l'Assemblée nationale de la jeunesse du Niger.
Maina est allée à l'Université de Fès au Maroc pour obtenir un diplôme en génie géologique. Elle rejoindra ensuite l'Université de Strasbourg pour son master en ingénierie de l'environnement. Elle décroche, en 2016, son doctorat en hydrologie toujours à Strasbourg.
En quête de solutions concrètes à la crise mondiale de l'eau, Maina a travaillé dans des laboratoires très réputés tels que le Commissariat aux énergies alternatives et à l'énergie atomique (CEA) avant de rejoindre la division Energy Geosciences de l'Université de Berkeley aux États-Unis. C'est son travail à Berkeley qui a attiré l'attention du magazine Forbes.
Plus tard, elle remarquera une offre d'emploi en ligne de la NASA et tentera sa chance. Aujourd'hui, elle travaille comme informaticienne hydrologue au Goddard Space Flight Center de la NASA où elle utilise des modèles mathématiques et des produits de télédétection pour étudier l'impact du changement climatique sur l'eau.