Longtemps tourné vers l’exportation, le secteur africain du café développe progressivement ses débouchés sur le marché intérieur. La progression de la consommation dans les grandes villes, l’évolution des habitudes alimentaires et l’expansion de la restauration offrent de nouvelles perspectives aux opérateurs. C'est sur cette vague que surfe l’enseigne italienne Café Barbera.
Le 1er octobre, à l’occasion de la Journée mondiale du café, Café Barbera a ouvert son premier établissement kényan dans le quartier d’affaires d’Upper Hill, à Nairobi. L’enseigne propose une offre diversifiée associant boissons à base de café, pâtisseries, pizzas, pâtes et plats d’inspiration italienne. Les spécialités locales représentent environ un quart de sa carte, selon les informations communiquées sur cette implantation. Le Kenya devient ainsi le 23e marché de la chaîne à l’échelle internationale. Un deuxième point de vente est annoncé dans la capitale. Cette entrée sur le marché kényan prolonge une présence africaine déjà établie au Ghana, en Somalie, à Djibouti et au Maroc, ainsi qu’à Maurice, où le premier établissement de la marque a ouvert en décembre 2025. L’enseigne compte désormais six marchés africains dans son réseau.
Selon les explications fournies, le choix du Kenya repose notamment sur les perspectives de croissance de son secteur de la restauration. Selon des estimations de ReportLinker relayées par le département américain de l’Agriculture (USDA), le marché des services alimentaires kényans devait progresser à un rythme annuel moyen de 9,44 % entre 2024 et 2028, pour atteindre 424,9 millions de dollars à l’horizon 2028. Cette évolution s’appuie sur plusieurs facteurs : l’urbanisation, l’augmentation des revenus disponibles pour une partie de la population et le développement de la restauration hors domicile. Pour les chaînes internationales, les quartiers d’affaires et les zones commerciales des grandes villes constituent des points d’entrée privilégiés auprès d’une clientèle disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé.
Le marché du café présente également des signes de progression. Dans sa Stratégie de développement et de commercialisation du café 2024-2029, le gouvernement kényan indique que la consommation intérieure est passée de 510 tonnes durant la campagne 2009-2010 à 1 659 tonnes en 2020-2021, soit plus du triple en une douzaine d’années. Les autorités attribuent cette évolution à l’élargissement de la classe moyenne et à la multiplication des points de vente spécialisés. Elles souhaitent notamment encourager la consommation auprès des jeunes et des étudiants, en soutenant le développement des cafés-restaurants, des établissements hôteliers et des infrastructures touristiques.
La dynamique dépasse le seul marché kenyan. En février 2025, le sommet africain du café G25, organisé à Dar es-Salaam, a réuni 25 pays producteurs autour d’un objectif commun : accroître la consommation et la transformation du café sur le continent. Les participants ont notamment affiché l’ambition de porter la part de l’Afrique dans la consommation mondiale de café de 12,3 % à 30 % d’ici 2030. La Tanzanie entend, de son côté, faire passer la part de sa production consommée localement de 7 % à 15 % sur la même période. L'objectif est de mieux valoriser une ressource largement produite en Afrique, mais dont une grande partie est destinée aux marchés extérieurs. Le développement des cafés-restaurants peut contribuer à cette évolution, sans suffire à lui seul à transformer le secteur.
A savoir enfin que Café Barbera, également connu sous le nom de Caffè Barbera, est une entreprise italienne historique de torréfaction de café et une chaîne de salons de thé-cafés, fondée en 1870 à Naples par Domenico Barbera. Connue sous le slogan « The Italian Coffee House », elle propose un café slow-roast, torréfié lentement par type de grain séparément. La chaîne possède des dizaines d'implantations à travers le monde (notamment au Moyen-Orient, en Europe, en Asie et en Afrique. Le groupe est piloté par Enrico Barbera qui représente la 5e génération de la famille. Il a pris la direction de l'entreprise de torréfaction en 1982 et a cofondé en 2004 le concept international de chaîne de cafés franchisés.
