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TECH | Les ambitions africaines de Séoul

Vingt ans après la création de la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), Séoul entend ouvrir une nouvelle phase de son partenariat avec le continent.


Vingt ans après la création de la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), Séoul entend ouvrir une nouvelle phase de son partenariat avec le continent. L’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et l’innovation technologique seront au centre de la 8e Conférence ministérielle de la KOAFEC, prévue à Séoul du 8 au 11 septembre 2026.


Placée sous le thème « Exploiter l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques pour la transformation de l’Afrique », la rencontre réunira des ministres africains, des responsables sud-coréens, des représentants d’institutions de développement, des investisseurs ainsi que des acteurs du secteur privé et de l’innovation. L’événement doit notamment permettre d’examiner la place que pourraient occuper les nouvelles technologies dans les stratégies de développement économique du continent. La Corée du Sud cherche également à mettre en avant son expérience dans plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour l’avenir des économies africaines. Intelligence artificielle, technologies de l’information et de la communication, infrastructures numériques, énergie, industrie manufacturière et innovation figurent parmi les domaines dans lesquels Séoul souhaite approfondir sa coopération avec les pays africains.


Cette orientation a pour objectif de renforcer la présence technologique et économique sud-coréenne sur un continent dont la transformation numérique s’accélère. Avec une population jeune, une urbanisation rapide et un marché numérique en expansion, l’Afrique représente un espace important pour les entreprises, les investisseurs et les fournisseurs de technologies internationaux. La conférence de Séoul coïncidera avec le 20e anniversaire de la KOAFEC, créée en 2006 comme principale plateforme de coopération économique entre la Corée du Sud et l’Afrique. Le partenariat associe notamment le ministère coréen de l’Économie et des Finances, la Banque coréenne d’import-export (KEXIM) et le Groupe de la Banque africaine de développement.


Le président de cette dernière institution, Sidi Ould Tah, doit conduire la délégation de la Banque africaine de développement lors de cette rencontre, qui constituera sa première visite officielle en Corée depuis son entrée en fonction. Au fil des années, la coopération a permis de financer et de préparer des projets dans plusieurs secteurs. Le Fonds fiduciaire KOAFEC, créé en 2007, est devenu le principal fonds fiduciaire bilatéral actif auprès du Groupe de la Banque africaine de développement. Selon les données communiquées dans le cadre de la conférence, environ 50 millions de dollars consacrés à la préparation de projets ont contribué à catalyser un portefeuille d’investissements supérieur à six milliards de dollars.


Le partenariat a également soutenu des entreprises et des entrepreneurs africains, avec plus de 1 300 start-up et porteurs de projets accompagnés. Ces résultats servent aujourd’hui de base à une coopération que les deux parties souhaitent élargir à de nouveaux domaines. L’intelligence artificielle apparaît désormais comme l’un des principaux axes de cette nouvelle étape. Pour Séoul, il s’agit de mettre son expertise technologique au service de la transformation économique africaine, tout en favorisant les investissements, la formation des compétences et le développement d’infrastructures adaptées.


L’enjeu pour les pays africains sera de transformer ces coopérations technologiques en capacités locales, en emplois et en création de valeur. L’accès aux technologies devra notamment s’accompagner d’investissements dans les réseaux numériques, l’énergie, la formation et les écosystèmes d’innovation. La conférence devrait déboucher sur l’adoption d’une déclaration conjointe ainsi que sur un Plan d’action pour 2027-2028. Celui-ci devrait couvrir l’intelligence artificielle, la transformation numérique, l’énergie, les infrastructures, le commerce, le secteur privé et le développement du capital humain. La question sera désormais de savoir dans quelle mesure cette ambition pourra contribuer à renforcer durablement les capacités africaines et la place du continent dans les nouvelles chaînes de valeur mondiales.

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