L’Égypte poursuit le renforcement de ses capacités dans le domaine du numérique en général et de l’intelligence artificielle en particulier, avec l’ambition d’en faire un levier de transformation de son économie. Le pays s’est fixé pour objectif de porter la contribution de l’IA à 7,7 % de son produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2030.
Selon les explications fournies, cette orientation s’accompagne d’un effort accru en matière de formation et de développement des compétences numériques. C'est dans ce cadre que le gouvernement égyptien a conclu, le 1er septembre au Caire, deux accords avec Cisco consacrés notamment à la formation d’enseignants et à l’accompagnement de la stratégie nationale consacrée à l’intelligence artificielle. L’un des principaux volets porte sur la formation de 3 000 instructeurs technologiques certifiés sur une période de trois ans. Dans le cadre d’un protocole d’accord avec le National Telecommunication Institute (NTI), Cisco prévoit ainsi de former chaque année 1 000 membres du corps professoral universitaire et conférenciers indépendants. Les programmes couvriront plusieurs domaines, parmi lesquels les réseaux de données, la cybersécurité, les systèmes d’exploitation et l’intelligence artificielle.
Le choix de cibler les enseignants vise à accroître la capacité du système éducatif à transmettre les compétences nécessaires au développement des technologies numériques. L’objectif est de disposer d’un nombre plus important de formateurs susceptibles d’accompagner les étudiants et les professionnels dans des secteurs où la demande en compétences spécialisées progresse. Cette coopération prolonge des initiatives déjà conduites entre l’Égypte et Cisco. Selon le directeur général de l’entreprise, Chuck Robbins, les programmes mis en œuvre par le groupe ont jusqu’ici permis de former ou d’accompagner près de 670 000 étudiants égyptiens. Le gouvernement souhaite désormais élargir ces dispositifs afin de soutenir les besoins liés à la transformation numérique.
Cette politique s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale d’intelligence artificielle pour la période 2025-2030, lancée en janvier 2025. Le développement des compétences figure parmi les six axes prioritaires de cette stratégie, qui prévoit également des mesures concernant la recherche, l’innovation, l’environnement réglementaire et l’utilisation de l’IA dans différents secteurs de l’économie. En mars 2026, le Conseil national de l’intelligence artificielle a adopté un plan d’exécution pour l’année, comprenant 56 indicateurs, ainsi qu’un cadre national destiné à encadrer la gouvernance de l’IA. Ces dispositifs doivent notamment accompagner le développement des usages tout en établissant des règles pour leur déploiement.
Parallèlement, une lettre d’intention signée avec le ministère égyptien des Communications et des Technologies de l’information prévoit une assistance de Cisco dans la mise en œuvre de la stratégie nationale. L’entreprise doit notamment contribuer au déploiement de solutions d’intelligence artificielle dans plusieurs secteurs publics prioritaires. Les applications envisagées concernent notamment l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, l’aide à la décision et le renforcement de la cybersécurité. Pour l’Égypte, l’enjeu consiste désormais à transformer les investissements dans les infrastructures et la formation en capacités technologiques durables.
