La société Atomic Eagle est parvenu à conclure avec le Niger un nouvel accord pour la relance du projet d’uranium de Madaouela. Le gouvernement de ce pays ayant aussi déjà approuvé la réattribution du permis « Madaouela I » à Madaouela Mining Company (MAMICO), une nouvelle filiale nigérienne du groupe australien. Atomic Eagle détiendra 60 % du projet et en conservera le contrôle opérationnel, tandis que l’État nigérien en détiendra 40 %.
Cet accord met fin à un différend engagé en 2024. En juillet de cette année-là, les autorités nigériennes avaient retiré le permis à GoviEx, estimant que le développement du projet n’avançait pas suffisamment. La société avait contesté cette décision devant l’arbitrage international, avant de suspendre la procédure début 2025 afin de rechercher un règlement à l’amiable. Après son rapprochement avec Tombador Iron fin 2025, GoviEx a pris le nom d’Atomic Eagle. Le nouvel accord modifie sensiblement la répartition du capital. Avant le retrait du permis, GoviEx détenait 80 % de la Compagnie Minière Madaouela (COMIMA), contre 20 % pour l’État nigérien. Désormais, Niamey disposera de 40 % de MAMICO, dont 15 % sous forme de participation gratuite. Les 25 % restants seront contributifs : l’État devra participer au financement du projet à hauteur de sa part, sous peine de dilution.
Pour faciliter cette contribution, Atomic Eagle prévoit un crédit de 40 millions de dollars destiné à couvrir les futurs appels de fonds de l’État. La société versera également 10 millions de dollars pour le permis, en deux tranches de 5 millions. Le gouvernement a aussi obtenu des engagements en matière de contenu local. Le projet devrait notamment générer environ 1 000 emplois destinés aux jeunes Nigériens, tandis que les entreprises locales bénéficieront d’une priorité pour certains contrats de fourniture de services. Niamey disposera par ailleurs de droits concernant la commercialisation de l’uranium. Il pourra acheter et commercialiser une partie de la production correspondant à sa participation et bénéficiera, sous certaines conditions, de droits de préemption ou de réquisition. Ces droits seront toutefois plafonnés à 50 % de la production.
Pour rappel, les autorités du Niger ont notamment retiré le permis d’Imouraren à Orano et nationalisé la Somaïr, alors contrôlée par le groupe français. Le différend avec Orano reste ouvert, tandis qu’Atomic Eagle est parvenue à un compromis avec Niamey. La nouvelle convention prévoit plusieurs garanties pour l’investisseur, notamment des clauses de stabilisation juridique et fiscale ainsi que l’accès à l’arbitrage international du CIRDI. Le permis sera initialement valable dix ans et pourra être renouvelé par périodes de cinq ans. L’arbitrage engagé après le retrait du permis de 2024 devra être abandonné dans les sept jours suivant la signature de la convention.
L’accord ne signifie toutefois pas que la mine est prête à entrer en production. Madaouela dispose d’une estimation historique de ressources de 116,5 millions de livres d’uranium, tandis que GoviEx y avait investi environ 160 millions de dollars. Atomic Eagle prévoit désormais de réexaminer les études techniques ainsi que les options de financement. Elle disposera de deux ans pour actualiser les études de faisabilité et les évaluations environnementales et sociales, tout en réunissant les capitaux nécessaires à la construction. "Le principal enjeu sera désormais de transformer l’accord conclu avec l’État en un projet minier effectivement financé et construit. Pour le Niger comme pour Atomic Eagle, Madaouela constitue ainsi une nouvelle étape, mais aussi un test de la capacité des deux parties à concrétiser leurs engagements", estiment les observateurs.
