L’énergie solaire pourrait connaître une nouvelle année de forte croissance en Afrique en 2026. Après une progression soutenue observée en 2025, le continent devrait continuer à accroître rapidement ses capacités photovoltaïques, porté par la diversification des marchés, la baisse du coût des équipements et le développement des installations décentralisées.
Selon une analyse publiée le 27 août par le centre de réflexion britannique Ember, en collaboration avec African Tech Futures Lab, l’Afrique pourrait installer jusqu’à 17 GW de nouvelles capacités solaires d’ici à la fin de l’année 2026. Ce volume représenterait une hausse de 45 % par rapport aux installations enregistrées l’année précédente. Les estimations reposent notamment sur l’analyse des données douanières chinoises relatives aux exportations de panneaux photovoltaïques vers les différents marchés africains. Cette méthode permet de suivre l’évolution des importations dans un contexte où les données nationales sur les installations solaires restent incomplètes ou difficilement comparables d’un pays à l’autre.
D’après les auteurs de l’étude, les capacités qui pourraient être installées en 2026 seraient susceptibles de produire environ 23 TWh d’électricité par an. Ce volume correspond approximativement à la hausse moyenne annuelle de la demande d’électricité enregistrée sur le continent africain au cours de la dernière décennie. La croissance du marché ne serait toutefois plus concentrée dans un nombre limité de pays. L’Afrique du Sud, longtemps dominante dans les importations africaines de panneaux photovoltaïques, devrait voir sa part relative diminuer à mesure que de nouveaux marchés accélèrent leurs investissements dans le solaire. Le rapport estime ainsi que 36 pays africains sur 54 sont en voie d’enregistrer un niveau record d’installations solaires en 2026. Dix-neuf pays auraient déjà connu une progression annuelle supérieure à 100 %, parmi lesquels figurent notamment la République démocratique du Congo, le Zimbabwe, la Zambie et l’Égypte.
Cette expansion demeure cependant largement dépendante des importations en provenance de Chine. Environ 94 % des modules photovoltaïques installés en Afrique seraient issus de la production chinoise. Le continent cherche parallèlement à développer ses propres capacités industrielles. La capacité de fabrication africaine pourrait atteindre 3,5 GW en 2026, contre un niveau nettement inférieur l’année précédente, grâce notamment à l’ouverture ou à l’extension d’unités de production en Égypte et en Tanzanie. Cette production locale reste néanmoins limitée au regard des besoins du marché africain. Une partie des panneaux fabriqués sur le continent est par ailleurs destinée à l’exportation, notamment vers le marché américain.
L’un des principaux changements observés dans le secteur concerne la montée en puissance du solaire décentralisé. Selon Ember, près des trois quarts des capacités ajoutées en Afrique entre 2023 et 2025 proviendraient d’installations situées en dehors des grandes centrales raccordées aux réseaux nationaux. Ces équipements comprennent notamment les panneaux installés sur les toitures des ménages et des entreprises, les systèmes destinés aux commerces ainsi que les mini-réseaux permettant d’alimenter certaines zones rurales. Dans les pays où les infrastructures électriques restent insuffisantes ou peu fiables, ces solutions constituent une alternative aux réseaux conventionnels et à la production reposant sur des carburants importés.
La baisse mondiale des prix des équipements photovoltaïques et le développement de nouveaux mécanismes de financement, tels que les paiements échelonnés et les formules Pay As You Go, contribuent également à cette progression. Le développement rapide du solaire décentralisé pose toutefois un défi en matière de suivi statistique. Contrairement aux grandes centrales, les petites installations sont rarement recensées de manière systématique. Au moins quinze pays africains ont néanmoins mis en place ou préparent des mécanismes d’autorisation et d’enregistrement. La généralisation de ces dispositifs pourrait permettre d’améliorer la connaissance du marché et d’intégrer davantage le solaire décentralisé dans les politiques énergétiques nationales.
