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JEUX D'ARGENT EN LIGNE | Le marché africain progresse

Le marché africain des jeux d’argent en ligne a généré 23 milliards de dollars de revenus bruts en 2025, soit une progression de 15 % sur un an.


Le marché africain des jeux d’argent en ligne a généré 23 milliards de dollars de revenus bruts en 2025, soit une progression de 15 % sur un an. La majorité de cette activité demeure toutefois en dehors des circuits réglementés. Selon un rapport publié en juillet 2026 par le cabinet Gaming Compliance International (GCI), les opérateurs non agréés ont représenté 77 % des revenus du secteur sur le continent.


Intitulé Online Gaming 2024-2025: Africa, le rapport estime que 215 millions d’Africains, soit environ 14 % de la population du continent, ont participé à des jeux d’argent en ligne en 2025. Ils étaient 198 millions l’année précédente. L’Afrique de l’Ouest constitue le principal marché régional, avec 10,3 milliards de dollars de revenus bruts, soit 44,7 % du total continental. Elle est suivie par l’Afrique du Nord, avec 4,8 milliards de dollars, l’Afrique australe (4 milliards), l’Afrique de l’Est (2,8 milliards) et l’Afrique centrale (1,1 milliard). Les revenus générés par les opérateurs non agréés sont passés de 15,6 milliards de dollars en 2024 à 17,8 milliards en 2025. Dans le même temps, le nombre de plateformes non réglementées ciblant les consommateurs africains est passé de 3 644 à 4 129.


Le segment réglementé a également progressé. Ses revenus bruts ont atteint 5,2 milliards de dollars en 2025, contre 4,4 milliards un an auparavant, soit une hausse de 18,1 %. Sa part du marché est ainsi passée de 22 % à 23 %. La situation varie cependant fortement selon les régions. Le segment réglementé représente 31 % des revenus en Afrique de l’Ouest, 28 % en Afrique australe, 22 % en Afrique centrale et 15 % en Afrique de l’Est. En Afrique du Nord, sa part ne dépasse pas 0,3 %, selon le rapport. GCI attribue une partie de cet écart aux conditions dans lesquelles opèrent les entreprises agréées. Les opérateurs non réglementés ne sont notamment pas soumis aux mêmes obligations fiscales et administratives et peuvent proposer une gamme de produits et de promotions plus large.


Le cabinet cite quatre facteurs susceptibles d'influencer la compétitivité du marché réglementé : la fiscalité appliquée aux joueurs et aux opérateurs, les infrastructures de paiement, les restrictions portant sur les produits et l’application des règles. Selon le rapport, des prélèvements élevés, des coûts de transaction importants ou des systèmes de paiement peu accessibles peuvent réduire la capacité des opérateurs agréés à rivaliser avec les plateformes non réglementées. Certaines restrictions sur les produits, les mises ou les gains pourraient également inciter une partie des consommateurs à se tourner vers ces dernières.


Pour GCI, la prédominance du marché non réglementé représente à la fois un enjeu de contrôle et un potentiel de développement pour les économies africaines. Le cabinet estime qu’une intégration plus importante de l’activité dans les circuits réglementés pourrait accroître les recettes fiscales et renforcer les mécanismes de protection des consommateurs. Le rapport souligne toutefois que les conséquences du développement du secteur non réglementé ne se limitent pas aux pertes fiscales. Il évoque également des risques liés à la protection des joueurs et à l'utilisation des plateformes à des fins criminelles.


GCI propose aux autorités une approche articulée autour de quatre axes, regroupés sous l'acronyme MPEO : surveiller le marché, contrôler les activités non réglementées, faire appliquer les règles et optimiser le fonctionnement des marchés légaux. La surveillance doit permettre aux autorités de disposer d’une meilleure visibilité sur l’ensemble du secteur, tandis que les mécanismes de contrôle et d’application de la loi visent à limiter les activités non autorisées. L’optimisation concerne notamment la fiscalité, les paiements, l’offre de produits et les conditions d’accès au marché. Pour le cabinet, l’efficacité de la réglementation ne devrait pas être évaluée uniquement à partir du nombre de licences délivrées ou des sanctions prononcées. Elle devrait également être mesurée à travers la protection effective des consommateurs, l’évolution de la participation dans le secteur réglementé, les recettes fiscales et la capacité des entreprises agréées à rester compétitives.

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