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TRANSPORTS | Au coeur du défi africain

Le développement du secteur des transports occupe une place centrale dans les stratégies d'intégration économique du continent africain. À travers le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), l'Union africaine entend renforcer les connexions entre les États, faciliter les échanges commerciaux et soutenir la croissance économique.


Le développement du secteur des transports occupe une place centrale dans les stratégies d'intégration économique du continent africain. À travers le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), l'Union africaine entend renforcer les connexions entre les États, faciliter les échanges commerciaux et soutenir la croissance économique. Ce programme est coordonné depuis 2018 par l'Agence de développement de l'Union africaine (AUDA-NEPAD), qui a succédé à l'ancienne Agence du NEPAD.


Le PIDA est mis en œuvre par phases successives, appelées Plans d'action prioritaires (PAP). La première phase, couvrant la période 2012-2020, a permis le lancement de 433 projets représentant un investissement d'environ 82 milliards de dollars américains, selon les données de l'AUDA-NEPAD. La deuxième phase, prévue jusqu'en 2030, concentre les efforts sur 69 projets considérés comme les plus structurants pour le développement du continent. Ces investissements concernent principalement les réseaux routiers, ferroviaires, portuaires et énergétiques, avec pour objectif de renforcer la connectivité régionale. Ces projets sont également présentés comme un important moteur de création d'emplois. D'après l'AUDA-NEPAD, les projets inscrits dans le cadre du PIDA avaient déjà généré environ 162 000 emplois en 2023.


Ces chiffres sont repris dans un rapport publié dernièrement par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), fondé sur l'analyse de 94 projets répartis dans 34 pays africains. Selon cette étude, la construction, l'exploitation et la maintenance des infrastructures pourraient générer jusqu'à 15 millions d'emplois supplémentaires au cours des prochaines années. Le corridor nord-sud, qui regroupe 16 projets répartis dans huit pays, illustre cette dynamique. À lui seul, il pourrait créer environ 4,5 millions d'emplois directs tout au long de son cycle de vie, auxquels s'ajouteraient près de 130 000 emplois indirects dans des secteurs tels que l'agroalimentaire, les industries extractives et le commerce.


Les retombées du développement des infrastructures dépassent les seuls métiers liés à la construction ou à la conduite des équipements. L'expansion des réseaux de transport s'accompagne d'une demande croissante pour des profils spécialisés, notamment des ingénieurs, techniciens de maintenance, spécialistes de la signalisation, logisticiens, contrôleurs aériens ou encore gestionnaires de corridors de transport. Plusieurs projets illustrent cette évolution. Le corridor ferroviaire de Lobito, qui relie l'Angola, la République démocratique du Congo et la Zambie, emploie près de 945 personnes sur son tronçon angolais de 1 289 kilomètres. Selon son concessionnaire, Lobito Atlantic Railway, 97 % des effectifs sont de nationalité angolaise. Au Maroc, l'Office national des aéroports a récemment lancé une campagne de recrutement portant sur 47 postes qualifiés dans les domaines de l'ingénierie électromécanique, du génie civil et de l'exploitation aéroportuaire, dans le cadre de sa stratégie « Aéroports 2030 ».


Malgré ces perspectives, le secteur fait face à un déficit de main-d'œuvre qualifiée. L'Organisation internationale du travail (OIT) souligne que les métiers du transport routier, ferroviaire et aérien nécessitent des compétences techniques de plus en plus spécialisées. Dans plusieurs pays africains, les dispositifs de formation professionnelle peinent encore à répondre aux besoins des opérateurs, entraînant des difficultés de recrutement pour certains postes techniques. Afin de réduire cet écart entre les besoins du marché et les compétences disponibles, l'AUDA-NEPAD a lancé l'Initiative pour les compétences en Afrique (SIFA). Ce programme mobilise plus de 100 millions de dollars américains pour financer 48 projets de formation technique et professionnelle à l'échelle du continent. 

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