La Commission européenne a annoncé l’ouverture des négociations en vue de la conclusion d’un Accord bilatéral de facilitation des investissements durables (AFID), destiné à améliorer le climat des investissements et à soutenir le développement économique de la Côte d'Ivoire.
Cette initiative intervient alors que les deux partenaires célèbrent le dixième anniversaire de leur Accord de partenariat économique (APE). Le futur AFID viendra compléter ce dispositif commercial en créant un cadre plus transparent, prévisible et efficace pour les investissements, avec pour objectif de favoriser une croissance durable et inclusive en Côte d’Ivoire, troisième économie d’Afrique de l’Ouest. Pour Bruxelles, cette démarche s’inscrit dans une stratégie visant à consolider des partenariats économiques de confiance dans un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques et les tensions sur les échanges mondiaux. L’accord entend ainsi renforcer la coopération économique tout en créant de nouvelles opportunités pour les entreprises européennes et ivoiriennes.
Les négociations porteront notamment sur l’amélioration du climat des affaires dans plusieurs secteurs jugés stratégiques. Les énergies renouvelables, les chaînes de valeur agroalimentaires, l’innovation numérique, la pêche, les transports, la logistique ainsi que les matières premières critiques figurent parmi les domaines prioritaires. En facilitant les investissements dans ces secteurs, l’Union européenne espère accompagner la diversification de l’économie ivoirienne tout en encourageant des pratiques d’investissement responsables. Le secteur du cacao occupera également une place importante dans les discussions. En s’appuyant sur l’Initiative pour un cacao durable, les deux parties souhaitent renforcer leur coopération en matière d’investissements durables, de traçabilité des productions et de résilience des chaînes de valeur. Cette orientation répond à l’importance économique du cacao pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cette matière première.
L’annonce de ces négociations intervient au lendemain de la huitième réunion du Comité de suivi de l’Accord de partenariat économique entre l’Union européenne et la Côte d’Ivoire. Les travaux ont permis de réaffirmer l’engagement des deux parties en faveur de la pleine mise en œuvre de l’APE. Les discussions ont notamment porté sur la libéralisation tarifaire, l’amélioration de l’accès aux marchés, la coopération douanière, la protection de la propriété intellectuelle, les projets de coopération ainsi que l’implication de la société civile. A savoir que l'Union européenne demeure le principal partenaire commercial et investisseur du pays. En 2024, le stock d’investissements directs étrangers européens en Côte d’Ivoire atteignait 3,8 milliards d’euros. Plus de 40 % des investissements directs étrangers présents dans le pays proviennent de l’Union européenne, tandis que celle-ci représente environ 27 % du commerce total ivoirien.
La répartition des investissements européens témoigne d’une forte présence dans le secteur des services, qui concentre environ 60 % des investissements, notamment dans la construction, l’énergie, les transports et la distribution. L’industrie manufacturière représente près de 20 % des investissements, tandis que l’agriculture en capte environ 15 %, en particulier dans la filière cacao. Selon la Commission européenne, les dix années d’application provisoire de l’Accord de partenariat économique ont permis une progression de 126 % des échanges commerciaux entre les deux partenaires. Cette dynamique a également contribué à la diversification des exportations ivoiriennes, avec une augmentation de la part des produits de cacao transformés, passée de 32 % à 42 % des exportations totales de cacao.
