Le Botswana et le Dubaï Multi Commodities Centre (DMCC) franchissent renforcent leur coopération dans le secteur diamantaire. Les deux partenaires ont signé dernièrement nouveau protocole d'accord en marge du 41ᵉ Congrès mondial du diamant, avec l'ambition de renforcer la présence des diamants botswanais sur la plateforme commerciale basée aux Émirats arabes unis.
Cette initiative est actée alors que l'industrie mondiale du diamant traverse une période difficile, marquée depuis plusieurs années par un recul de la demande et une baisse des prix. Pour le Botswana, premier producteur mondial de diamants en valeur, l'objectif est de diversifier les circuits de commercialisation de cette ressource stratégique, qui représente près de 70 % des exportations nationales. Le protocole d'accord prévoit de connecter la Bourse des matières premières du Botswana (Botswana Mercantile Exchange, BMX) à l'écosystème commercial et financier développé par le DMCC. Au-delà des diamants, cette coopération est appelée à s'étendre à d'autres produits d'exportation du pays, notamment le cuivre, le charbon, le carbonate de sodium, les minéraux critiques, le bœuf ainsi que plusieurs produits agricoles.
Les diamants bruts constituent toutefois le premier volet opérationnel du partenariat. Celui-ci associera l'Okavango Diamond Company (ODC), société contrôlée par l'État botswanais, au Dubaï Diamond Exchange (DDE), la plateforme spécialisée dans le négoce des diamants opérée par le DMCC. L'objectif est de créer un canal commercial plus direct entre les producteurs botswanais et les acheteurs internationaux présents à Dubaï. Le mécanisme envisagé repose sur l'organisation d'appels d'offres permettant de mettre en concurrence plusieurs acheteurs afin d'obtenir les meilleures conditions de vente. Dans ce cadre, l'ODC pourrait proposer des lots de diamants bruts aux opérateurs enregistrés sur le Dubaï Diamond Exchange. Les premières opérations commerciales sont attendues avant la fin de l'année 2026.
L'ODC est chargée de commercialiser 30 % de la production de Debswana, la coentreprise détenue à parts égales par l'État botswanais et le groupe De Beers, principal producteur de diamants du pays. Cette initiative s'inscrit dans le prolongement d'un premier protocole d'accord conclu en 2022 entre l'ODC et le DMCC. Celui-ci prévoyait déjà l'organisation de ventes aux enchères et de présentations de diamants botswanais à Dubaï. Toutefois, aucune communication publique n'avait jusqu'ici permis de confirmer une montée en puissance effective de cette coopération. La concrétisation du nouvel accord, à travers des ventes régulières et une intégration durable des diamants botswanais dans les circuits commerciaux du DMCC, constituera donc un indicateur important au cours des prochains mois.
Pour le Botswana, très dépendant de l'industrie diamantifère, ce partenariat renforcé est appelé à donner au pays des moyens supplémentaires pour faire face aux effets du ralentissement du marché mondial observé depuis 2022. La baisse de la demande et des prix a entraîné une diminution de la production et des ventes, contribuant à une contraction de l'activité économique estimée à 2,8 % en 2024, puis à 0,9 % en 2025. Le renforcement des liens avec le DMCC s'inscrit ainsi dans une stratégie visant à diversifier les débouchés commerciaux et à améliorer l'accès aux marchés internationaux. L'intérêt du Botswana pour la plateforme émiratie s'explique également par la montée en puissance de Dubaï dans le commerce international des diamants, aux côtés de centres historiques comme Anvers. Selon les données communiquées par le DMCC, les échanges de diamants enregistrés dans l'émirat ont atteint un niveau record en 2025, avec 41,7 milliards de dollars de transactions pour un volume de 359,5 millions de carats.
