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TRANSITION ENERGETIQUE | L'Afrique de l'Ouest veut activer la cadence

Face à un déficit chronique d'accès à l'électricité, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) entend accélérer le développement des énergies renouvelables. Réuni à Dakar du 15 au 19 juin, le Parlement de l'organisation régionale a appelé les États membres à consacrer au moins 5 % de leurs budgets nationaux aux énergies renouvelables et au développement rural.


Face à un déficit chronique d'accès à l'électricité, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) entend accélérer le développement des énergies renouvelables. Réuni à Dakar du 15 au 19 juin, le Parlement de l'organisation régionale a appelé les États membres à consacrer au moins 5 % de leurs budgets nationaux aux énergies renouvelables et au développement rural. Une recommandation qui vise à réduire les inégalités d'accès à l'électricité et à renforcer la sécurité énergétique d'une région où moins d'un habitant sur deux bénéficie d'un accès régulier à l'énergie.


Cette proposition a été formulée lors de la réunion délocalisée de la Commission mixte Énergie, Mines, Infrastructures, Agriculture, Environnement et Ressources naturelles. Les parlementaires ont souligné que la croissance démographique, l'urbanisation rapide et l'industrialisation exercent une pression de plus en plus forte sur les systèmes électriques nationaux. Dans ce contexte, l'augmentation des investissements dans les énergies propres apparaît comme une nécessité pour répondre à une demande en constante progression. Aujourd'hui, cinq pays de la CEDEAO se distinguent par leurs capacités de production d'énergies renouvelables supérieures à 500 mégawatts. Le Nigeria occupe largement la première place avec une capacité installée de 2 950 MW en 2023, représentant près du quart de ses capacités totales de production électrique. Cette performance repose principalement sur les grands barrages hydroélectriques de Kainji, Jebba et Shiroro. 


Le développement du solaire progresse également, notamment grâce aux mini-réseaux et aux installations hors réseau destinées aux zones rurales, même si cette filière demeure encore limitée. Le Ghana arrive en deuxième position avec une capacité renouvelable de 1 820 MW en 2024, soit environ 38 % de son parc électrique national. Plus de 95 % de cette production provient des barrages d'Akosombo, de Kpong et de Bui. Le solaire photovoltaïque complète progressivement ce dispositif, mais son poids reste encore modeste. La Côte d'Ivoire occupe la troisième place avec une capacité comprise entre 901 et 910 MW à la fin de l'année 2023. L'hydroélectricité constitue également le pilier de cette production grâce aux barrages d'Ayamé, de Kossou, de Taabo et de Soubré. Les autres sources renouvelables, comme le solaire, l'éolien ou la biomasse, demeurent encore marginales dans le mix énergétique ivoirien.


La Guinée figure ensuite avec 817 MW de capacités renouvelables, représentant environ 62 % de son potentiel total de production électrique. Ce pays présente une particularité : l'ensemble de sa production renouvelable repose exclusivement sur l'hydroélectricité, notamment grâce aux barrages de Kaléta, de Souapiti et de Garafiri. Les autorités guinéennes ambitionnent toutefois d'intégrer rapidement des centrales solaires afin de diversifier leur production d'ici 2030. Le Sénégal ferme ce classement avec 553 MW de capacités renouvelables. Contrairement aux autres pays, son modèle repose davantage sur le solaire et l'éolien. En 2023, près de la moitié de la production d'énergie renouvelable provenait du solaire, contre 29 % pour l'éolien et seulement 22 % pour l'hydroélectricité. Cette diversification constitue un modèle intéressant pour réduire les risques liés à la variabilité climatique.


Car si l'hydroélectricité reste aujourd'hui la principale source d'énergie verte en Afrique de l'Ouest, cette forte dépendance représente également une fragilité. Les sécheresses, la baisse du niveau des retenues d'eau et les perturbations des régimes pluviométriques peuvent affecter directement la production d'électricité. Dans ce contexte, le développement du solaire et de l'éolien apparaît comme une priorité stratégique pour renforcer la résilience des réseaux électriques tout en accélérant la transition énergétique de la sous-région. En encourageant des investissements plus importants dans ces filières, la CEDEAO espère ainsi bâtir un système énergétique plus durable, plus diversifié et capable de répondre aux besoins croissants de sa population.

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