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DEVISES

AFRIQUE - AERIEN | Discuter d'avenir vert et numérique

Lors de la 14e Aviation Stakeholders Convention et du 3e African Aviation Safety & Operations Summit (ASC 2026) organisés dernièrement à Johannesburg (Afrique du Sud), un débat majeur a cristallisé l’attention des professionnels du secteur : qui construira, exploitera et accompagnera la transition numérique et environnementale de l’aviation africaine ?


Lors de la 14e Aviation Stakeholders Convention et du 3e African Aviation Safety & Operations Summit (ASC 2026) organisés dernièrement à Johannesburg (Afrique du Sud), un débat majeur a cristallisé l’attention des professionnels du secteur : qui construira, exploitera et accompagnera la transition numérique et environnementale de l’aviation africaine ? 


Organisés sous le thème « Talent 2030 – Combler le déficit de compétences pour l’horizon numérique et vert de l’aviation », les échanges ont mis en lumière un enjeu devenu central : l’avenir du transport aérien africain dépendra moins des infrastructures que des femmes et des hommes capables de porter sa transformation. Réunissant des personnalités influentes du secteur, parmi lesquelles le Capt. Vusi Khumalo de South African Airways, Refilwe Ledwaba de la Girls Fly Programme in Africa (GFPA), Tania Marques de TAAG Angola Airlines et Wambui Mureithi de l’IATA, le panel a dressé un constat sans ambiguïté : les compétences numériques ne sont plus un atout secondaire, mais une nécessité stratégique. L’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’exploitation des données et les outils digitaux doivent désormais être intégrés au cœur des formations aéronautiques africaines. 


Dans un environnement où les opérations aériennes deviennent de plus en plus connectées, les futurs professionnels devront être capables de travailler aux côtés des nouvelles technologies. Cette transformation numérique est également perçue comme une opportunité majeure pour démocratiser l’accès à la formation sur le continent. Grâce aux plateformes digitales, il devient possible de proposer des programmes standardisés, accessibles à distance, quel que soit le pays ou la région d’apprentissage. Pour de nombreux experts, cette évolution pourrait réduire les inégalités d’accès aux métiers de l’aviation et accélérer la montée en compétences des jeunes talents africains.


Les intervenants ont toutefois insisté sur un point essentiel : l’intelligence artificielle ne remplacera pas les professionnels de l’aviation. En revanche, ceux qui sauront utiliser ces technologies disposeront d’un avantage considérable dans un secteur en pleine mutation. Cette complémentarité entre expertise humaine et outils intelligents représente désormais l’un des principaux défis de la formation aéronautique. Autre tendance forte évoquée durant le sommet : la montée en puissance de la formation par simulation. Considérée comme incontournable, elle permet aux pilotes, techniciens et contrôleurs de développer des compétences opérationnelles dans des environnements réalistes avant même leur arrivée sur le terrain. Cette approche offre non seulement une meilleure préparation, mais contribue aussi à renforcer la sécurité et l’efficacité des opérations.


Le débat a également mis en lumière un déséquilibre persistant : la faible représentation des femmes dans les métiers techniques, notamment dans la maintenance aéronautique. Malgré les progrès observés dans certains domaines, les femmes restent encore largement sous-représentées parmi les ingénieurs et techniciens de maintenance. Pour les participants, il devient urgent de promouvoir davantage ces carrières auprès des jeunes filles afin de diversifier les talents du secteur. Les compagnies aériennes africaines sont aussi appelées à jouer un rôle plus actif dans la formation. TAAG Angola Airlines a notamment présenté ses programmes entièrement financés destinés aux pilotes et techniciens de maintenance, illustrant une volonté croissante des transporteurs d’investir directement dans leurs futurs talents.


Enfin, la transition écologique a été identifiée comme un autre moteur majeur de transformation. Les futurs professionnels devront maîtriser des technologies émergentes liées à l’hydrogène, à l’électrification et aux nouveaux systèmes énergétiques. Pour y parvenir, les établissements de formation et les régulateurs africains sont appelés à réformer leurs cursus sans attendre. "Au fil des échanges, une conviction s’est imposée : au-delà des avions et des infrastructures, l’avenir de l’aviation africaine reposera avant tout sur sa capacité à former, attirer et retenir les talents capables de construire le ciel africain de demain", a-t-on également rapporté.

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