Le recours à l’affacturage connaît une progression notable en Afrique, illustrant l’intérêt croissant des entreprises pour ce mécanisme de financement rapide et flexible. Selon les données présentées dernièrement par Kanayo Awani, vice-présidente exécutive d’Afreximbank en charge du commerce intra-africain, le volume total des créances cédées par les entreprises africaines aux sociétés d’affacturage a plus que doublé en sept ans, passant de 21,6 milliards d’euros en 2017 à 50 milliards d’euros en 2024.
Cette hausse témoigne d’un usage de plus en plus fréquent de l’affacturage par les entreprises du continent, qui y voient un moyen efficace de transformer rapidement leurs factures en liquidités disponibles, sans attendre les délais parfois très longs de règlement des clients. En cédant leurs créances à des sociétés spécialisées, les entreprises peuvent ainsi financer plus sereinement leur activité courante et stabiliser leur trésorerie, un enjeu crucial dans des économies souvent marquées par l’irrégularité des flux de paiements. Aujourd’hui, près de 200 sociétés d’affacturage opèrent sur le continent africain. Leur action contribue à soutenir un tissu économique majoritairement composé de petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 90 % des sociétés africaines. Ces PME évoluent dans un environnement où les retards de paiement sont fréquents et où le recouvrement des factures peut devenir un défi lourd de conséquences pour leur cycle d’exploitation.
Pourtant, malgré cette croissance encourageante, le marché de l’affacturage reste très largement en-deçà de son potentiel. Afreximbank estime en effet que l’Afrique devrait porter ce volume à 240 milliards d’euros, soit environ 10 % du PIB continental, pour répondre pleinement aux besoins de financement court terme des entreprises et accompagner la transformation économique du continent. Atteindre un tel niveau permettrait notamment aux PME de disposer d’outils financiers plus robustes pour investir, se développer et renforcer leur compétitivité.
Pour accélérer cette dynamique, plusieurs actions prioritaires ont été identifiées. La première consiste à mobiliser davantage de ressources financières. Les banques, les investisseurs institutionnels et les acteurs du financement doivent injecter plus de capitaux dans l’affacturage afin d’élargir l’offre et de proposer des solutions mieux adaptées aux entreprises, notamment aux plus petites d’entre elles. Ensuite, les pays africains doivent œuvrer à la mise en place de cadres juridiques clairs et harmonisés. L’absence de réglementation uniforme sur la cession de factures constitue actuellement un frein majeur au développement du secteur.
Selon les explications fournies, des lois modernisées permettant de sécuriser les transactions et de réduire les risques pour les sociétés d’affacturage seront un levier déterminant pour encourager les investissements. La formation des acteurs est également essentielle. Beaucoup de PME, mais aussi de banques et institutions financières, ne maîtrisent pas encore pleinement le fonctionnement de l’affacturage, ses avantages ou ses implications opérationnelles. Une meilleure sensibilisation renforcerait la confiance des entreprises et favoriserait une adoption plus large de cette solution de financement.
