Le rapport « Perspectives économiques en Afrique centrale 2021 : dynamique de la dette et relance post-Covid » de la Banque Africaine de Développement (BAD) a été présenté cette semaine. Si le rapport note une bonne gestion globale de la pandémie et table sur une croissance de 3,2%, il alerte également sur la nécessité de réformer le système de subventions publiques et de mieux soutenir les ménages les plus vulnérables.

Le rapport phare de la Banque africaine de développement (BAD), décliné par région, indique que l’Afrique centrale a « efficacement contenu la pandémie, à partir de mesures de riposte rigoureuses, comme le confinement, le port du masque et la fermeture des frontières ». La pandémie de Covid-19 aura provoqué une contraction de 2,7% du produit intérieur brut réel de l’Afrique centrale en 2020, la deuxième région du continent la plus affectée économiquement après l’Afrique australe, dont le PIB aura chuté de 7%.

Cependant, le rapport de la Banque alerte sur une augmentation de l’inflation dans plusieurs pays. Bien que celle-ci reste contenue dans les limites communautaires de 3% pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), pour la République démocratique du Congo, elle a atteint 11,8% en 2020. Le revenu par habitant a reculé de 0,9% en 2019 et de 5,6% en 2020.

En 2021, la Banque africaine de développement table sur une croissance de 3,2% en moyenne dans la région, soutenue essentiellement par le rebond des prix du pétrole et des minéraux et la reprise des activités commerciales. Dès le troisième trimestre de 2020, les pays d’Afrique centrale ont réduit, voire supprimé, la plupart des mesures de restriction pour reprendre, en partie, leurs activités économiques. Ces dernières ont ainsi pleinement repris dès le premier trimestre de 2021, malgré la menace de nouvelles vagues épidémiques à partir du deuxième semestre de cette année.

Afin d’accompagner cette dynamique, le rapport recommande à court terme d’identifier et soutenir financièrement les ménages les plus vulnérables, d’accompagner les petites et moyennes entreprises, surtout dans les secteurs les plus touchés par la pandémie comme le tourisme, l’hôtellerie et le transport, et de rééchelonner, voire renégocier, la dette.

Les recommandations à moyen terme soulignent la nécessité de réformer le système de subventions publiques pour de meilleurs ciblages et affectations, de parvenir à mobiliser des revenus autres que pétroliers et miniers, de renforcer et améliorer la politique monétaire en République démocratique du Congo et dans la zone CEMAC qui regroupe les six pays de la zone franc CFA d’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Centrafrique et Tchad).

À long terme, le rapport de la Banque africaine de développement suggère notamment la mise en place de la loi fiscale pétrolière communautaire, le renforcement de la gestion des entreprises publiques et de la gouvernance économique en général, de même qu’une restructuration de la dette des pays de la région.