Afruibana, l’association de producteurs de fruits africains, qui regroupe notamment les opérateurs du Ghana, de Côte d’Ivoire et du Cameroun, appelle à la responsabilisation de l’Union Européenne pour un commerce international plus équilibré. Face aux groupes latino-américains, l’association estime qu’il est essentiel de soutenir la pérennité de la production locale africaine.

Jean-François Billot, secrétaire général d’Afruibana, est monté au créneau ces derniers jours pour donner des éclairages sur les enjeux de l’écosystème et le rôle des mécanismes mis en place par l’Union Européenne dans la filière. Et de rappeler que les 600 000 tonnes de bananes exportées de l’Afrique vers l’Union Européenne sont insignifiantes face aux cinq millions de tonnes exportées par l’Amérique Latine sur le marché européen.

Si les producteurs africains font preuve de résilience, la concurrence avec les producteurs du continent sud-américain (neuf pays qui représentent plus de 75% de parts de marché) est de plus en plus féroce. Dernièrement, le prix moyen du carton de banane est passé en dessous de son plus bas niveau historique de 10€. Afruibana réclame ainsi plus d’équité pour assurer notamment la viabilité de la filière banane africaine.

Dans sa campagne de lobbying, Afruibana peut compter sur Alliance d’Action pour les Bananes Durables (ABNB) qui a dénoncé un « dumping des prix » ne permettant ni de garantir un salaire décent aux producteurs ni d’engager la transition environnementale. Les producteurs de fruits de Martinique, de Guadeloupe, de Madère et des Canaries soutiennent également la cause d’Afruibana.

Il y a deux ans, lors de l’Appel d’Abidjan, l’association avait déjà interpellé les Européens sur la situation et réclamé davantage  de responsabilité afin que les instruments de défense commerciale soient utilisés. Et que le mécanisme de stabilisation soit activé et respecté.