La Déclaration de Kinshasa est un projet lancé dernièrement au Forum Génération Égalité, propose des actions concrètes aux pays membres de l’Union Africaine afin d’avancer vers l'égalité des sexes en Afrique d'ici 2030. Le projet appelle à doubler le nombre d’organisations de femmes pouvant accéder aux fonds provenant de programmes nationaux de relance économique et des financements externes.

Une délégation de femmes africaines menée par Gisèle Ndaya, Ministre du Genre, Famille et Enfant de la République Démocratique du Congo et Julienne Lusenge, experte en genre du Panel d’Experts chargé d’accompagner Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pendant sa présidence de l’Union Africaine pour l’année 2021/2022 a partagé le projet de Déclaration de Kinshasa en marge du Forum Génération Égalité qui s’est tenu à Paris du 30 juin au 2 juillet.

Le projet de Déclaration de Kinshasa, rédigé lors de la Conférence sur l’égalité des sexes qui s’est tenue à Kinshasa le 10 juin, est présenté comme le fruit d’une grande mobilisation de forces vives panafricaines : la jeunesse, la société civile, les chercheurs, les gouvernants, les militantes et les organisations internationales. Les participants et organisateurs de cette conférence ont voulu démontrer de manière significative leurs capacités collectives à permettre aux générations futures de vivre dans un monde plus juste, où l’égalité des sexes n’est plus un combat mais une réalité.

Le projet de Déclaration de Kinshasa s’appuie sur les textes existants sur l’égalité des sexes en Afrique et fait des propositions nouvelles. L’objectif est, selon ses promoteurs, d’inciter les pays membres de l’Union Africaine à étendre leurs actions en faveur de l’égalité des sexes et à mettre en place des systèmes forts pour évaluer les progrès.

Pour la Ministre Gisèle Ndaya, cette déclaration offre des propositions d’axes concrets aux pays membres de l’Union Africaine. Elle a ajouté que « l’une des recommandations phare de la déclaration est de militer pour un système de quota d'au moins 40% de femmes, y compris 10% des jeunes femmes de moins de 35 ans dans les organes gouvernementaux nationaux, et dans les postes électifs et nominatifs, d’ici 2030, afin de faire augmenter le taux de participation des femmes dans les instances de prise de décisions au niveau du continent Africain. »

L’experte Julienne Lusenge a soutenu pour sa part que ce projet de déclaration apporte une contribution cruciale à la stratégie de l'UA pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes en proposant des actions concrètes et des outils de mesures du succès pour avancer vers l’égalité des sexes en Afrique d’ici 2030. « À travers ce projet de Déclaration, nous appelons, entre autres mesures, à développer et à renforcer le curricula sur les droits humains et la culture de la paix dans au moins 50% des écoles primaires et secondaires, notamment en intégrant des informations adaptées à l'âge des enfants sur les lois, conventions et plans d'action existantes et en mettant l'accent sur l'égalité des sexes et la masculinité positive d'ici 2030 », a-t-elle soutenu.

Le projet de Déclaration de Kinshasa sera partagé avec les parties prenantes de l’Union Africaine, les États Membres, la société civile, les organisations internationales et les instances concernées au sein des gouvernements Africains après le Forum Génération Égalité. L’objectif est de faire adopter cette Déclaration lors de la prochaine réunion de l’Union Africaine  en 2022.