L’Afrique subsaharienne compte un quart des terres arables du monde, mais elle ne représente que 10% de la production agricole mondiale. La faible productivité des cultures de base rend l’agriculture africaine peu compétitive. Ainsi, un tiers des calories consommées sur le continent sont importées, ce qui renforce la vulnérabilité des systèmes alimentaires et la dépendance à l’égard des filières alimentaires extérieures. C’est à partir de ce constat que les institutions partenaires envisagent leurs soutiens en faveur de l’agriculture du continent.

Le Fonds international de développement agricole des Nations Unies (FIDA) a fait savoir qu’il comptait mobiliser 1,5 milliard d’USD supplémentaires en faveur de l’Afrique, afin d’appuyer les mesures prises par les pouvoirs publics pour transformer les systèmes alimentaires et agricoles au cours des trois prochaines années. Il investira aussi davantage dans la création des conditions nécessaires à l’accroissement de la productivité agricole. L’institution appuie la constitution d’une réserve croissante d’investissements visant à restaurer les terres, à créer des emplois et à renforcer la résilience face aux changements climatiques au Sahel. Le but est de contribuer aux objectifs de l’initiative Grande Muraille verte et de créer 10 millions d’emplois dans la région d’ici à 2030.

« Nous saluons l’engagement des dirigeants africains à accroître la productivité agricole et à améliorer la sécurité alimentaire de millions d’Africaines et d’Africains », a déclaré le Président du FIDA, Gilbert F. Houngbo. « Grâce à la modernisation du secteur agricole africain, les petits exploitants seront plus à même de produire des aliments plus abordables pour les consommateurs et de garantir des moyens d’existence décents à des millions de jeunes participant à la transformation, au stockage et à la commercialisation des aliments. »

La Banque arabe pour le développement économique en Afrique s’est engagée à investir un montant maximal de 1,5 milliard d’USD dans le secteur agricole au cours de la période 2020-2024. Le Groupe de la Banque islamique de développement a indiqué, quant à lui, qu’il affecterait 3,5 milliards d’USD au développement du secteur agricole en Afrique au cours des trois prochaines années. Ces investissements viseront à favoriser le développement des filières, aussi bien pour les cultures vivrières que les cultures de rente.

La Banque africaine de développement (BAfD) a annoncé, pour sa part, une enveloppe de plus de 10 milliards d’USD. Elle s’est engagée à investir 1,57 milliard d’USD dans le développement prioritaire de dix produits de base sélectionnés au cours des cinq prochaines années. Cela aidera les pays à atteindre l’autosuffisance. Elle affectera également 8,83 milliards d’USD pour consolider ces filières de produits de base au cours des cinq prochaines années. Ils financeront notamment des programmes visant à ouvrir des débouchés pour les jeunes – en particulier les jeunes femmes.

Se joignant à la coalition de partenaires de développement, la Bill and Melinda Gates Foundation a déclaré dans un « geste de solidarité supplémentaire » qu’elle investirait 652 millions d’USD au cours des trois prochaines années. Ces financements viendront appuyer des initiatives de recherche-développement menées dans le domaine agricole en Afrique. L’objectif est de promouvoir l’avancement de 300 millions d’exploitantes et d’exploitants agricoles grâce à une série d’innovations.