Fils de Fadilou Diop, célèbre avocat sénégalais des droits de l'homme, l’économiste Makhtar Diop, né en 1960 à Dakar, marié et père de deux grands enfants, vient d’être nommé directeur général et vice-président exécutif de la Société financière internationale (IFC), branche de la Banque mondiale dédiée à l'investissement privé dans les pays en développement. 

Selon l’agence Ecofin, il faut remonter à octobre 2014, pour trouver l’origine de cette nomination. L’économiste sénégalais venait alors de retirer sa candidature pour la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) alors qu’il était classé parmi les grands favoris.

Il avait informé Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale, de son intention de briguer la présidence de la BAD. Mais son patron lui demandait d’attendre tout en lui faisant part de plaintes l’accusant de profiter de ses fonctions à la Banque mondiale pour faire avancer sa candidature à la BAD. Le Sénégalais sera suspendu de la tête du département Afrique pour être nommé conseiller spécial de Sri Mulyani Indrawati, la directrice générale de la Banque mondiale, chargée de l’Afrique à titre temporaire. Finalement, il ne participera pas aux élections qui seront gagnées par le Nigérian Akinwumi Adesina. Et, pour nombre d’observateurs, c’est ce retrait qui a permis à Makhtar Diop de devenir quelques années plus tard le patron de la SFI.

Ancien boursier de l’Ecole supérieure des sciences commerciales appliquées de Paris (option finance), Makhtar Diop possède aussi deux Masters en économie des universités britanniques de Warwick et de Nottingham. Il commence sa carrière dans les années 1980 en tant qu'analyste financier au sein de l’Union sénégalaise de Banques (USB). Le FMI lui proposera un poste d’économiste en 1997. Trois ans plus tard, il sera nommé ministre de l'Economie et des Finances du Sénégal avant de poursuivre sa carrière au sein de la Banque mondiale où il deviendra vice-président.

En dehors des prestigieuses lignes de CV, le détenteur du Prix Regent Lectureship 2015 de l’université californienne de Berkeley est aussi connu pour être un grand adepte des arts martiaux qu’il pratique depuis de nombreuses années. On évoque également sa passion pour la musique et plus généralement pour les arts. Il serait un excellent joueur de guitare basse, mais ce qu’il préfèrerait le plus, c’est de « fredonner dans le calme de son intimité des classiques de jazz ».