Le fonds SPARK+ Afrique ambitionne de proposer des moyens de cuisson propres à plus de deux millions de ménages sur l’ensemble du continent. Et le fonds parvient à séduire les institutions financières à l’instar de la Banque africaine de développement dont le Conseil d’administration vient d’approuver l’injection de cinq millions de dollars dans son capital. On sait en outre que la Commission européenne contribuera avec dix millions d’euros supplémentaires. 

Selon la BAD, son investissement  SPARK+ Afrique dans est issu de son Fonds pour l'énergie durable en Afrique (SEFA). Une initiative qui devrait ouvrir la voie à la participation d’autres investisseurs intéressés au projet. En tant qu’investisseur de référence, la Banque véhiculera la première tranche de perte de capitaux propres de SEFA et de la facilité de mobilisation et de panachage de ressources de la Commission européenne.

Outre la fourniture de technologies de cuisson propre, cet investissement devrait diminuer les émissions de carbone de 15,9 mégatonnes (Mt) d’équivalent CO2, en réduisant les émissions provenant de l’utilisation de fourneaux peu efficients, des feux à l’air libre ainsi que de la déforestation.

Le passage à des fourneaux plus propres réduit l’exposition aux fumées nocives de la cuisson et limite le temps perdu à la recherche du bois de cuisson, une corvée qui occupe particulièrement les femmes.

«En investissant dans des solutions de cuisson propres en faveur de millions de ménages, nous contribuons également à l’autonomisation des femmes, à la création d’emplois et à la réduction du déboisement associé à la production de charbon de bois», a déclaré Kevin Kariuki, vice-président de la Banque africaine de développement chargé de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte.

L’investissement complète les efforts plus conséquents de la Banque pour contrer les répercussions de la pandémie de Covid-19. «Les répercussions positives de la réduction de la pollution de l’air intérieur sur la santé contribuent également à la résilience face aux maladies qui s’attaquent aux systèmes respiratoires, tels que le Covid-19», a-t-il ajouté.

Les promoteurs du projet « Alliance pour la cuisine propre » ont pour leur part salué leur collaboration avec Enabling Qapital, la BAD et la Commission européenne pour développer ce mécanisme d’investissement novateur. Dymphna van der Lans, directrice générale de l’Alliance a déclaré être convaincue que le Fonds SPARK+ Afrique aura un impact considérable sur le marché et accélérera la croissance du secteur de la cuisine propre à travers l’impact positif qu’il aura sur la vie de millions de personnes dans les prochaines années.?

De son côté, Xavier Pierluca, partenaire de gestion de Enabling Qapital, a expliqué avoir «conçu le Fonds SPARK+ Afrique pour adopter une approche écosystémique visant à favoriser l’extension des solutions de qualité aux communautés à faible revenu, en offrant des instruments d’investissement adaptés tout au long de la chaîne de valeur, à partir des entreprises de conception et de fabrication jusqu’aux distributeurs de fin de ligne.»