Le Ministère de l’Energie du Niger, à travers son Secrétaire général, Balla Mahaman Rabiou, a déclaré en présence d’une délégation de la Chambre africaine de l’énergie (CAE) que son pays avait achevé des études préliminaires pour la mise en œuvre de projets énergétiques d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars à l’échelle nationale. 

Le gouvernement nigérien affirme s’être engagé dans un plan agressif visant à accroître l'accès à l'électricité de sa population majoritairement jeune de 16% à 80% d'ici 2035. Les zones rurales du Niger qui ont des niveaux d'accès à l'électricité inférieurs à 5% seront priorisés. Une grande partie des projets d’électricité envisagés devraient être des mini-réseaux solaires, profitant de l’abondance de la lumière solaire au Niger tout au long de l’année. L'Agence pour la promotion de l'électrification rurale récemment créée est à l'avant-garde de cet effort.

La Chambre africaine de l’énergie, qui a dépêché une mission sur place à la fin du mois dernier, a déclaré son intention de soutenir les initiatives du gouvernement pour attirer les investissements indispensables dans le pays. «Le Niger s'est engagé dans une voie que nous soutenons avec ferveur, pour augmenter considérablement l'accès à une électricité fiable et abordable pour sa jeune population», a déclaré Verner Ayukegba, vice-président de la CAE.

Pour cette organisation de lobbying, les efforts permettront d’augmenter non seulement les conditions de vie de la population, mais formera également la base d'une mécanisation et d'une industrialisation accrues dans d'autres secteurs tels que l'exploitation minière et l'agriculture. « L'effet le plus important de cette augmentation de l'accès à l'énergie sera une forte augmentation de la disponibilité des emplois dans le pays », a-t-on aussi indiqué.

Il y a toujours eu une volonté d'augmenter l'accès à l'électricité au Niger, soutenue par des partenaires comme Power Africa, l'USAID et l'Union européenne. Mais il a été souligné que  les nouveaux plans du gouvernement reposent aussi sur ses propres revenus, attendus de l’augmentation de la production pétrolière au Niger. La production devrait passer de 20 000 barils par jour actuellement à 120 000 en 2024. 

Notons parmi les projets d’envergure développés actuellement au Niger l'achèvement du pipeline Niger-Bénin de 1950 km par la China National Petroleum Corporation (CNPC). A partir de 2024, l’infrastructure devrait transporter du brut vers les marchés mondiaux via le port de Seme au Bénin depuis le prolifique bassin d'Agadem au Niger.

A signaler en outre que le ministre nigérien du Pétrole, Foumakoye Gado, a été sélectionné par la CAE comme l’un des « 25 principaux dirigeants du secteur africain de l’énergie à surveiller ». Il a été souligné que le succès de ce membre du gouvernement dans la facilitation de l’accord du pipeline a considérablement réduit les risques d’exploration au Niger en particulier et au Sahel en général.