Les résultats des travaux de recherches conduits dernièrement par des généticiens issus du continent soutiennent que la migration a transformé l’ADN des Africains devenus de ce fait moins vulnérables face à de nombreux  virus.

Les généticiens chargés de mener des recherches sur le sujet ont distingué une soixantaine de gènes non signalés auparavant et pourtant associés à l’immunité virale, à la réparation de l’ADN et au métabolisme dans les populations de langue bantoue, indique le rapport rendu public cette semaine. L’étude a pu analyser les génomes de plus de 400 personnes originaires de 13 pays africains, dont les ancêtres représentent 50 groupes ethnolinguistiques de tout le continent.

Selon un média marocain affirmant relayer les informations de ses collègues sud-africains, les chercheurs ont observé des schémas complexes de mélange ancestral au sein et entre les populations, ainsi que des preuves que la Zambie était un site intermédiaire probable le long des routes lors des migrations il y a plus de 2000 ans.

Ils ont également identifié des génomes pouvant permettre aux Africains de se protéger des virus. Le Dr Dhriti Sengupta du SBIMB a déclaré à ce propos avoir trouvé plus de 100 zones du génome qui avaient probablement été soumises à une sélection naturelle, dont une proportion importante était associée à des gènes liés à l’immunité.

«Alors que les gènes impliqués dans la résistance aux maladies transmises par les insectes comme le paludisme sont connus depuis longtemps, notre étude montre que les infections virales auraient également pu contribuer à façonner les différences génomiques entre les personnes et les groupes en modifiant la fréquence des gènes qui affectent la susceptibilité des individus à la maladie», a-t-on en outre indiqué.

Le Dr Sengupta assure qu’il y avait des variations remarquables dans les signaux de sélection entre les différentes régions du continent, expliquant que des adaptations locales à grande échelle auraient pu accompagner la migration des populations vers de nouvelles géographies et, par conséquent, l’exposition à de nouveaux régimes et pathogènes.