La Chambre Africaine de l’Energie (CAE), à l’occasion d’une séance d’échanges de haut niveau, s’est penchée la semaine dernière sur les moyens de relancer les investissements dans le pétrole et le gaz sur le continent. René Awambeng d’Afreximbank, Chijioke Akwukwuma d'Ocean Deep Drilling ESV Nigeria Limited (ODENL), Nicolas Bonnefoyd’Africa Oil & Gas LTD ou encore  Gontse Moseneke de GAIA Infrastructure Capital ont ainsi souligné la nécessité de s'engager dans des réformes significatives tout en misant sur les nouvelles opportunités comme la ZLECA.

La dernière réunion des comités d’investissement et de réglementation de la Chambre africaine de l’énergie a mis en avant le constat selon lequel, si le Covid-19 a fait de 2020 l'une des pires années de l'histoire du pétrole et du gaz, l’heure est venue d’accorder une importance particulière aux autres facteurs qui limitent significativement les investissements ainsi que les possibilités de changer la donne.

Ainsi, le déploiement de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) est vu comme un catalyseur majeur pour les investissements transfrontaliers et la régionalisation du développement énergétique de l’Afrique. Les participants ont alors souligné les possibilités de travailler sur des projets régionaux, en particulier dans les domaines de l’électricité et du gaz, et de tirer parti d’une zone de libre-échange pour créer de nouveaux modèles d’entreprise.

La question clé de l'adoption de normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) a aussi été évoquée. Alors que les investisseurs du monde entier continuent d’embrasser la transition énergétique et d’adopter un contrôle ESG rigoureux dans leurs décisions d’investissement, la nécessité pour les sponsors, développeurs et propriétaires de projets africains d’adhérer à ces normes est jugée comme urgente s’ils veulent attirer des investisseurs crédibles.

De même, un travail substantiel doit être fait pour débloquer les capitaux nationaux et les mécanismes de financement en monnaie locale qui peuvent pleinement exploiter les ressources présentes sur le continent. Les membres du Comité de la CAE ont convenu qu’il y avait beaucoup de capitaux disponibles pour financer la relance de l’Afrique et lutter contre sa précarité énergétique, de la dette aux capitaux propres, de l’argent commercial à l’argent institutionnel.

Cependant, un manque d'engagement, trop peu de renforcement des capacités et une connaissance globalement insuffisante des opportunités et des outils de financement disponibles limitent encore la capacité des investisseurs africains à investir sur leur propre continent.