Le campus de formation de Kabakoo Academies de Bamako, au Mali, accueille jusqu’au mois décembre 2020 une promotion de vingt apprenants qui font de l’entrepreneuriat local une solution viable aux conséquences sanitaires, économiques et sociales du coronavirus au Sahel. A mi-chemin du challenge « Beat COVID-19 », le modèle Kabakoo fait de nouveau ses preuves en dépit du contexte incertain au Mali. Zoom sur cette initiative inédite.

C’est en mai 2020 que Kabakoo a lancé le Challenge « Beat COVID-19 » en partenariat avec la Délégation de l’Union Européenne au Mali via le projet EJOM (l’Emploi des Jeunes créé des Opportunités ici au Mali). Ce Challenge accompagne six projets qui proposent une réponse innovante à la Covid-19 et portent à long terme des perspectives concrètes d’emplois et d’impact réel auprès des populations. Ces objectifs reflètent la pédagogie unique de Kabakoo qui permet à ses apprenants femmes et hommes d’obtenir des compétences technologiques en travaillant sur des projets spécifiques qui répondent à des problèmes de la vie réelle en local.


Matériels de pointe et ancrage local


Les six projets avancent et se concrétisent à partir des prototypes développés par les apprenants grâce aux équipements technologiques et matériels de pointe disponibles à Kabakoo. Par exemple, les trois apprenants du projet Anka-Vent ont imprimé en 3D l’ensemble des pièces nécessaires à la conception de leur respirateur artificiel à faible coût, qui a vocation à résoudre la pénurie de cet équipement médical essentiel au Sahel.

Kabakoo place également les connaissances locales au cœur de sa méthodologie, amenant les apprenants à valoriser l’ancrage local de leurs projets. L’équipe Kouraya, qui met en place une unité locale de production de filament pour impression 3D en recyclant les déchets plastiques, travaille avec un atelier de métal à Bamako pour le prototypage de leur broyeuse. De son côté, l’équipe Kari-Protection a opté pour le karité, matière première abondante au Mali, comme ingrédient de base de leurs savons et gels désinfectants hygiéniques et économiques.

Formés et suivis par un réseau de coachs internationaux issus de milieux professionnels et académiques, les apprenants de Kabakoo progressent dans les domaines tels que la fabrication numérique, le design thinking, ou le prototypage rapide. L’heure est à présent pour chaque équipe de lancer leur startup qui commercialisera le produit qu’elle a conçu, et ainsi pérenniser une activité économique durable, des emplois locaux et des revenus décents.


Un évènement semi-virtuel


Dans le cadre du Challenge, Kabakoo et ses partenaires organisent un Hackathon du 23 au 25 octobre 2020 pour « Accélérer la résilience post-COVID-19 des sociétés Africaines » et réinventer les modes de vie et la citoyenneté dans cette nouvelle normalité. Cet évènement semi-virtuel verra l’intervention d’experts dans les quatre axes prioritaires de Kabakoo : la santé, l’environnement, l’agrifood, l’art et la culture.

Cette activité continue au sein de Kabakoo démontre, selon ses promoteurs, la pertinence et la résilience de son modèle d’éducation pour les Afriques. En dépit de la situation sanitaire incertaine et l’instabilité politique, Kabakoo continue d’élargir son offre de formation pour que ses apprenants réussissent dans la 4ème Révolution industrielle et la manufacture décentralisée.

Début octobre 2020, Kabakoo lancera la première formation d’Afrique de l’Ouest intégrant la technologie des drones et l’intelligence artificielle avec des mentors issus d’institutions comme Harvard University, Oracle, PHI Centre, l’Université Sorbonne, Black in AI, l’école d’ingénieur ESTACA, etc. Les compétences obtenues au terme de cette formation seront applicables dans de nombreux secteurs comme l’agriculture, l’évènementiel, l’humanitaire, etc. Hybride, local et innovant, le modèle Kabakoo n’a donc de cesse de répondre aux aspirations d’une jeunesse africaine engagée pour des futurs durables, en Afrique et ailleurs sur le globe.

Construire un réseau

Kabakoo Academies, dans un communiqué, a affirmé s’atteler à construire le premier réseau panafricain d’académies créatives pour un enseignement technologique axé sur la soutenabilité. « Nous catalysons l’émergence d’une innovation durable et inclusive en fusionnant la technologie de pointe et les connaissances locales. Notre mission est d’accélérer la transition du monde vers des futurs souhaitables et durables en fournissant des expériences d’apprentissage transformatrices et localement pertinentes ».

A Kabakoo, les projets collaboratifs ancrés dans les réalités des apprenants sont au centre du processus d'apprentissage. Les apprenants choisissent les projets sur lesquels ils veulent travailler. Cette approche expérientielle et collaborative permet de mettre à profit la passion de tout un chacun et d'améliorer ainsi non seulement les résultats des projets mais aussi les objectifs d'apprentissage individuels.

 

L'ancrage socioculturel des projets collaboratifs conduit les participants à aller régulièrement hors des murs du campus. Cela permet aux apprenants de faire face aux différents challenges du terrain telles que les barrières linguistiques et la ségrégation territoriale, et selon les projets, d'accumuler des connaissances endogènes recueillies sur le terrain.

Une initiative reconnue par l’Unesco et l’UA

Moins d'un an après le lancement du campus-pilote, en plus d'avoir été sélectionné par l'Unesco comme partenaire pour son programme " Imaginer les futurs de l'Afrique", Kabakoo a été sélectionné par l'Union africaine (UA) comme un des projets éducatifs les plus novateurs du continent. De plus, grâce à son engagement dans l'éducation environnementale, Kabakoo a été choisi comme acteur non-étatique dans la Coalition mondiale pour le climat et l'air pur.

 

« Nous sommes parce que tu es. Ainsi, nous ne cessons jamais d'itérer pour le succès de nos apprenants. Nous croyons en nos apprenants. Nous investissons en eux. En plus de la couverture d'assurance maladie, Kabakoo peut également fournir une aide financière pour le quotidien. Tout cela pour s'assurer que les apprenants se concentrent sur l'essentiel : apprendre et accélérer la transition vers des futurs viables et souhaitables », ont également soutenu les promoteurs du programme.