Carlos Manuel de São Vicente a été mis en difficulté suite à la décision des autorités suisses de geler ses comptes comportant près de 900 millions de dollars. Mais l’homme d’affaires proche de l’ancien régime en Angola compte riposter énergiquement et a confié à certains de ses proches qu’il a les bonnes cartes pour sortir gagnant. 

« Mon client réfute fermement les accusations portées contre lui », a déclaré son avocate suisse du cabinet Schellenberg Wittmer, Clara Poglia, qui soutient que son client a toujours « agi conformément à la loi telle qu'elle sera démontrée dans le cadre de la procédure pénale ». São Vicente considère par ailleurs que toute publication relative aux procédures actées en Suisse viole le principe de la présomption d’innocence ainsi que ses droits personnels.

Selon nos sources, le fondateur du groupe de compagnies d’assurances AAA Seguros, qui est déjà allé devant la Cour de justice de Genève pour tenter de récupérer l’intégralité de ses avoirs bloqués, axe désormais sa stratégie de défense sur un intense lobbying pour dissuader les autorités angolaises de l’incriminer. Une équipe de choc aurait été mise en place par le milliardaire pour s’occuper de cette tâche. A savoir que l’Angola n’a pas toujours répondu à une demande d'assistance judiciaire suisse. Mais pour une enquête, le Service national de recouvrement des avoirs de PGR vient de saisir les bâtiments AAA, les hôtels IU et IKA, situés sur tout le territoire national et le bâtiment IRCA, situé à Luanda.

São Vicente, qui est l’époux d'Irene Alexandra da Silva Neto, ancienne députée et ex-membre du gouvernement de l'administration dos Santos, s’attache en parallèle à transférer sa fortune et celle de sa famille vers Singapour, tout en dissuadant les médias de « s’intéresser de trop près à ses affaires ». Il a ainsi intenté une action en justice contre le support d’information judiciaire, Gotham City, et menace de s’attaquer à d’autres titres.