Retrouvez votre chaîne @TV5MONDE, dans les bouquets CANAL+ 36 . Fandaharam-potoana tsara indrindra ho anareo!
Type Here to Get Search Results !
FLASH
DEVISES

URANIUM | Des projets africains à accélérer

La hausse des besoins mondiaux en uranium ne suffit pas à accélérer le développement des projets miniers africains. Entre difficultés techniques, financements incertains et conditions de marché peu favorables, plusieurs futurs sites de production accumulent les retards. De la Mauritanie au Niger, en passant par la Namibie, ces reports repoussent les perspectives de recettes publiques, d’emplois et d’investissements attendues par les pays hôtes.


La hausse des besoins mondiaux en uranium ne suffit pas à accélérer le développement des projets miniers africains. Entre difficultés techniques, financements incertains et conditions de marché peu favorables, plusieurs futurs sites de production accumulent les retards. De la Mauritanie au Niger, en passant par la Namibie, ces reports repoussent les perspectives de recettes publiques, d’emplois et d’investissements attendues par les pays hôtes.


Le 16 octobre, la compagnie australienne Aura Energy a reconnu ne pas avoir respecté le délai réglementaire de 24 mois prévu pour lancer la production sur son projet Tiris, en Mauritanie, après l’obtention du permis d’exploitation. La première production, initialement attendue en décembre 2024, est désormais envisagée pour la fin de 2028. La décision finale d’investissement, qui doit précéder la construction, est attendue d’ici à la fin de 2026. L’entreprise attribue ce nouveau décalage à des difficultés techniques liées à la finalisation du procédé de traitement du minerai. Le financement nécessaire au développement du site reste également à mobiliser. En décembre 2024, Aura Energy avait déjà revu son calendrier, espérant alors engager l’investissement au premier trimestre 2025.


En Namibie, le projet Tumas de Deep Yellow connaît une situation comparable. Le groupe a annoncé le 16 octobre le report de sa décision finale d’investissement au-delà du quatrième trimestre 2026. Initialement prévue en mars 2025, cette échéance a été repoussée dans un contexte marqué par la faiblesse des marchés de capitaux et l’attente de conditions plus favorables pour le combustible nucléaire. Malgré l’obtention de son permis minier en septembre 2023, le projet ne dispose donc pas encore de toutes les conditions nécessaires à son lancement. Deep Yellow privilégie un développement progressif, afin de limiter les risques financiers dans un environnement encore incertain.


Le projet Etango, également situé en Namibie et porté par Bannerman Energy, illustre lui aussi les difficultés à passer de l’autorisation administrative à la construction. Après avoir envisagé une production en 2027, la compagnie a repoussé cet objectif à 2028. Un accord d’investissement de 320 millions de dollars avec le groupe chinois CNNC, finalisé en septembre 2026, doit contribuer au financement du projet. Bannerman prévoit désormais de lancer la construction à grande échelle au quatrième trimestre 2026. Au Niger, le projet Dasa de la canadienne Global Atomic a également subi les conséquences des difficultés de financement et des contraintes logistiques apparues après le coup d’État de juillet 2023. Alors que la construction devait initialement s’achever fin 2025, l’entreprise vise désormais le premier semestre 2028 pour terminer les travaux, puis le second semestre pour la mise en service.


L’approbation d’un financement pouvant atteindre 414,2 millions de dollars par l’agence américaine DFC constitue une avancée. Son décaissement reste toutefois soumis à des conditions, notamment la prolongation du permis minier et la sécurisation d’une voie d’exportation. Pour les pays concernés, ces reports ne sont pas sans conséquences. Les recettes fiscales, les redevances et les dividendes potentiels sont décalés, tandis que les emplois directs et indirects attendus tardent à se concrétiser. En Mauritanie, l’État détient une participation gratuite de 15 % dans le projet Tiris, qui pourrait lui procurer des dividendes si l’exploitation devient rentable.


La situation souligne aussi les limites d’une planification économique fondée sur des calendriers prévisionnels. L’octroi d’un permis minier ne garantit ni la disponibilité des capitaux ni le démarrage effectif de la production. Les entreprises doivent encore résoudre les difficultés techniques, financières et commerciales propres à chaque projet. Les autorités publiques conservent néanmoins un rôle important pour faciliter cette transition. Au Niger, l’accès au financement de Dasa dépend notamment de la sécurisation des exportations. L’itinéraire envisagé via le port béninois de Cotonou reste compliqué par la fermeture de la frontière entre les deux pays.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires
* Please Don't Spam Here. All the Comments are Reviewed by Admin.