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MAROC | Les grands chantiers du gouvernement El Mansouri

Nommé le 16 octobre 2026 par le roi Mohammed VI, le nouveau gouvernement marocain ouvre une nouvelle séquence politique, avec une feuille de route qui devra concilier justice sociale, réduction des inégalités territoriales, relance économique et modernisation de l’administration. Dirigée par Fatima Ezzahra El Mansouri, cette équipe de 32 membres, dont six femmes, est appelée à transformer rapidement ses engagements en mesures concrètes.


Nommé le 16 octobre 2026 par le roi Mohammed VI, le nouveau gouvernement marocain ouvre une nouvelle séquence politique, avec une feuille de route qui devra concilier justice sociale, réduction des inégalités territoriales, relance économique et modernisation de l’administration. Dirigée par Fatima Ezzahra El Mansouri, cette équipe de 32 membres, dont six femmes, est appelée à transformer rapidement ses engagements en mesures concrètes.


La nouvelle équipe est issue d’une coalition réunissant le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Trois semaines après les élections législatives du 23 septembre, remportées par le PAM avec 97 sièges, l’exécutif doit désormais préciser ses priorités et obtenir la confiance de la Chambre des représentants. La réduction des disparités sociales et territoriales constitue l’un des principaux tests du nouveau gouvernement. L’accès à l’emploi, la qualité des services publics, la protection sociale et l’équilibre entre les territoires restent des enjeux déterminants pour une partie de la population. Le porte-parole du gouvernement, Samir Belfkih, a affirmé que la dignité des citoyens, la justice sociale et l’équité territoriale figureraient au cœur de l’action publique.


Ces orientations devront se traduire dans les politiques budgétaires et les programmes sectoriels. Le projet de loi de finances pour 2027 constituera, à cet égard, un premier indicateur des arbitrages retenus. La marge de manœuvre financière de l’État, les priorités d’investissement et la capacité à améliorer l’efficacité des dépenses publiques pèseront sur la portée des engagements annoncés. La question de l’emploi occupera également une place centrale. La nomination d’Abderrahim Chahid au ministère de l’Emploi et du Dialogue social intervient dans un contexte où la création d’activités durables et l’amélioration des perspectives professionnelles restent essentielles à la cohésion sociale.


La nouvelle architecture gouvernementale accorde une place importante à la transformation numérique. La création d’un ministère de l’Intelligence artificielle, de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, confié à Ahmed Rahhou, traduit la volonté d’inscrire ces sujets au cœur de l’action publique. L’enjeu dépasse l’adoption de nouvelles technologies. Il s’agit aussi de simplifier les démarches administratives, d’améliorer les services aux citoyens et aux entreprises et de renforcer la transparence de l’État. Les résultats dépendront toutefois des moyens mobilisés, de la coordination entre les administrations et de la capacité à diffuser ces évolutions au-delà des principaux centres urbains.


Sur le plan économique, Fouzi Lekjaa prend la tête du ministère de l’Économie et des Finances, tandis que Ryad Mezzour conserve un portefeuille industriel élargi à l’investissement et à l’inclusion économique. L’articulation entre politique budgétaire, développement industriel et attractivité des investissements sera déterminante pour soutenir l’activité et favoriser une croissance plus largement partagée. Le Maroc devra également intensifier les préparatifs de la Coupe du monde de football 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Les investissements dans les infrastructures, les transports, l’hébergement et les équipements sportifs sont appelés à renforcer significativement l’attractivité du pays. Ils posent aussi la question du financement, de la maîtrise des coûts et des retombées économiques pour les territoires concernés.


Enfin, la composition du gouvernement, qui compte six femmes autour de la cheffe de l’exécutif, sera observée au regard de la place effectivement accordée à l’égalité et à la représentation dans les politiques publiques. Le premier défi de Fatima Ezzahra El Mansouri sera donc de restaurer la confiance dans l’action politique. Avec un taux de participation de 38 % aux législatives, le scrutin a révélé une mobilisation limitée des électeurs. Outre la répartition des portefeuilles, la crédibilité du nouvel exécutif dépendra de sa capacité à répondre aux préoccupations quotidiennes, à réduire les écarts entre les territoires et à rendre ses résultats visibles.

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