Retrouvez votre chaîne @TV5MONDE, dans les bouquets CANAL+ 36 . Fandaharam-potoana tsara indrindra ho anareo!
Type Here to Get Search Results !
FLASH
DEVISES

FORMATION PROFESSIONNELLE | Quel avenir pour l'Afrique ?

Alors que le chômage des jeunes demeure l'un des principaux défis économiques et sociaux en Afrique subsaharienne, plusieurs pays renforcent leurs investissements dans l'enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP). D'autres, en revanche, peinent à maintenir les effectifs de leurs établissements spécialisés, illustrant des trajectoires contrastées en matière de développement des compétences.


Alors que le chômage des jeunes demeure l'un des principaux défis économiques et sociaux en Afrique subsaharienne, plusieurs pays renforcent leurs investissements dans l'enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP). D'autres, en revanche, peinent à maintenir les effectifs de leurs établissements spécialisés, illustrant des trajectoires contrastées en matière de développement des compétences.


De plus en plus de pays de la région misent sur la formation technique comme levier de croissance et d'emploi. À l'occasion de la 8ᵉ Conférence internationale multidisciplinaire annuelle et du 6ᵉ Concours national des compétences (CARI 2026), organisés fin juin à Kisumu, le Kenya a par exemple réaffirmé sa volonté de faire de l'EFTP un moteur d'innovation. La secrétaire du ministère chargé de l'EFTP, Esther Muoria, a notamment appelé les établissements à mieux valoriser leurs innovations et à renforcer les liens entre formation et marché du travail. Cette orientation s'accompagne d'un effort financier important. Pour l'exercice budgétaire 2026-2027, le gouvernement kényan prévoit de consacrer 58,5 milliards de shillings, soit près de 453 millions de dollars, à la formation technique et professionnelle. Ces ressources doivent financer la modernisation des infrastructures, l'acquisition d'équipements ainsi que la formation des enseignants.


Le pays s'appuie également sur plusieurs partenariats internationaux. Une coopération avec la Chine concerne 70 établissements et près de 1 200 formateurs, tandis qu'un partenariat avec l'Italie cible les secteurs de la robotique et des énergies renouvelables. Des programmes menés avec l'Autriche et la Banque mondiale, à travers le projet EASTRIP, soutiennent pour leur part le développement des compétences dans le domaine maritime. Parallèlement, les frais de scolarité ont été réduits afin de faciliter l'accès aux formations, alors que le gouvernement prévoit de recruter entre 8 000 et 10 000 diplômés techniques pour des projets de logements abordables. Selon les autorités, plus de 825 000 apprenants sont aujourd'hui inscrits dans les quelque 3 100 établissements techniques du pays.


Le Ghana poursuit une stratégie comparable, mais avec un objectif de rattrapage. En 2021, seuls 10 % des élèves étaient inscrits dans une filière technique ou professionnelle. Afin d'accroître cette proportion, la Banque mondiale a approuvé en juin 2026 un financement de 300 millions de dollars destiné au programme STARR-J, consacré à la transformation de l'enseignement secondaire. L'initiative prévoit d'améliorer les infrastructures, la qualité de l'enseignement et l'adéquation entre les formations et les besoins du marché du travail. Selon la Banque mondiale, près de 2,2 millions d'élèves répartis dans un millier d'établissements publics devraient bénéficier de ce programme. Au Rwanda, le développement de la formation technique demeure également une priorité affichée par les autorités. Le discours budgétaire présenté en juin 2026 mentionne les centres d'excellence techniques parmi les axes de transformation sociale, sans toutefois préciser les montants qui leur sont consacrés. Les dernières données disponibles indiquent que le Rwanda TVET Board avait bénéficié d'une enveloppe de 25,7 milliards de francs rwandais, soit environ 17,5 millions de dollars, au titre de l'exercice 2025-2026.


À l'inverse, l'Afrique du Sud connaît une évolution moins favorable. Les effectifs des 50 collèges techniques publics sont passés de plus de 560 000 étudiants en 2024-2025 à environ 432 500 en 2025-2026, un niveau inférieur aux objectifs fixés par les autorités. Le ministère de l'Enseignement supérieur attribue ce recul à des contraintes budgétaires, les crédits progressant moins rapidement que les coûts de fonctionnement des établissements. Cette situation intervient dans un contexte marqué par un chômage particulièrement élevé des jeunes. Selon Statistics South Africa, le taux de chômage des 15 à 34 ans atteignait 45,8 % au premier trimestre 2026. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne par ailleurs la persistance d'un décalage entre les qualifications disponibles et les besoins du marché du travail, un défi auquel de nombreux pays africains cherchent désormais à répondre en renforçant leurs systèmes de formation technique.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires
* Please Don't Spam Here. All the Comments are Reviewed by Admin.