Ouagadougou va accueillir, du 20 au 27 mars 2027, la 30ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), rendez-vous incontournable des arts cinématographiques africains. Le thème retenu cette année, « Cinémas d’Afrique et développement endogène ». Selon les organisateurs le thème du FESPACO 2027 reflète l’ambition de faire du septième art un vecteur de valorisation culturelle, économique et identitaire pour le continent.
Depuis sa création en 1969, le FESPACO transforme la capitale burkinabè en véritable carrefour du cinéma africain tous les deux ans. Réalisateurs, producteurs, acteurs, critiques et passionnés de cinéma venus de toute l’Afrique et de sa diaspora convergent vers Ouagadougou pour partager expériences, savoir-faire et innovations. La 30ᵉ édition s’annonce particulièrement symbolique, succédant à un FESPACO 2025 qui avait marqué les esprits par le triomphe historique du réalisateur burkinabè Dani Kouyaté. Son film Katanga, la danse des scorpions avait remporté l’Étalon d’or de Yennenga, offrant au Burkina Faso une consécration majeure 28 ans après le dernier sacre national.
Cette édition 2027 mettra l’accent sur la manière dont les cinémas africains peuvent contribuer au développement endogène. Les discussions et panels aborderont des questions essentielles : comment le cinéma peut-il participer à la valorisation des cultures locales et des langues africaines ? Comment favoriser la création d’emplois tout en renforçant la souveraineté culturelle des nations africaines ? L’objectif est de positionner le cinéma non seulement comme un art ou un divertissement, mais aussi comme un levier stratégique de développement économique et social, capable de générer des opportunités pour les talents locaux et de renforcer l’identité culturelle des pays du continent.
Les précédentes éditions ont déjà illustré cette dynamique. Lors de la 29ᵉ édition, l’Étalon d’argent avait été attribué au film The Village Next to Paradise du réalisateur somalien Mo Harawe, tandis que l’Étalon de bronze revenait à la Zambienne Rungano Nyoni pour son œuvre On Becoming a Guinea Fowl. Ces distinctions montrent la diversité et la richesse des récits africains contemporains et la capacité du FESPACO à révéler des talents de toutes les régions du continent. Le Burkina Faso entend poursuivre cette dynamique en positionnant son festival comme une plateforme stratégique pour la promotion du cinéma africain à l’échelle mondiale. Le FESPACO 2027 offrira ainsi une vitrine aux jeunes réalisateurs et créateurs émergents, tout en consolidant le rôle du cinéma comme outil de développement culturel et économique.
La valorisation des langues et des cultures locales, l’innovation dans la production et la diffusion des films, ainsi que la professionnalisation des métiers du cinéma seront au centre de cette édition. "À travers cette 30ᵉ édition, le FESPACO réaffirme sa mission historique : promouvoir les cinémas africains tout en contribuant à l’affirmation identitaire et à la souveraineté culturelle du continent. En faisant du cinéma un instrument de développement endogène, le festival confirme sa place de référence sur le plan artistique, économique et diplomatique, et continue d’inspirer de nouvelles générations de créateurs et de spectateurs", a-t-on aussi souligné.
