Une délégation de haut niveau de l'African Energy Chamber (AEC) effectue une visite officielle en République bolivarienne du Venezuela jusqu'au 26 février 2026. Cette mission s’inscrit dans le cadre des efforts visant à approfondir les relations bilatérales entre des acteurs africains du secteur pétrolier et gazier et leurs homologues vénézuéliens, dans un contexte marqué par des transformations importantes des marchés énergétiques mondiaux.
Le Venezuela, qui dispose de l’une des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, est également membre honoraire de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO), organisation intergouvernementale qui réunit plusieurs pays africains producteurs d’hydrocarbures. Historiquement, ce statut a favorisé des échanges institutionnels et des soutiens mutuels entre ces pays et Caracas, notamment dans des forums internationaux dédiés à l’énergie. À la tête de la délégation se trouve NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC, qui a exprimé que ce déplacement vise à « faire de la pauvreté énergétique en Afrique une chose du passé ». Il a déclaré que les investisseurs africains pourraient collaborer avec les entreprises vénézuéliennes pour relancer certains segments de l’industrie pétrolière dans ce pays sud-américain. Selon lui, de telles coopérations contribueraient à améliorer la sécurité énergétique globale, tout en favorisant des retombées positives pour les populations concernées.
Le programme annoncé inclut des rencontres avec des responsables gouvernementaux vénézuéliens, des chefs d’entreprises locales et des acteurs clés du secteur énergétique. L’objectif déclaré est de favoriser les relations commerciales bilatérales, d’explorer de nouvelles opportunités d’investissement et d’établir des collaborations à plus long terme dans les secteurs du pétrole et du gaz. La visite se déroule à un moment où le Venezuela cherche à relancer sa production énergétique après des années de contraction de sa capacité de production. Selon des sources spécialisées dans les marchés pétroliers, la production vénézuélienne avait chuté drastiquement depuis la dernière décennie mais montre des signes de reprise, bien que les données varient selon les estimations sectorielles. Ce contexte rend les discussions avec des partenaires extérieurs particulièrement pertinentes pour Caracas, qui a cherché à diversifier ses relations économiques et énergétiques.
Pour les parties africaines, des rapprochements avec des entités vénézuéliennes s’inscrivent dans une volonté plus large de renforcer les chaînes de valeur dans les secteurs pétrolier et gazier et de promouvoir l’investissement sud-sud. Cela s’inscrit aussi dans un paysage énergétique en mutation, où l’accès aux ressources et la sécurité énergétique restent des enjeux centraux pour de nombreux pays africains encore confrontés à des déficits d’infrastructures et de capacité. Toutefois, les analystes soulignent que ce type de coopération se heurte à certains défis structurels. Ces défis incluent les incertitudes autour des cadres réglementaires dans les pays partenaires, la volatilité des marchés mondiaux des hydrocarbures et la nécessité de garantir des conditions d’investissement attractives pour les acteurs privés.
Le Venezuela, par exemple, a entrepris ces dernières années des réformes visant à encourager les investissements étrangers dans son secteur pétrolier, mais les résultats sont encore mitigés selon certains observateurs internationaux. Au final, la mission de l’AEC à Caracas reflète une étape supplémentaire dans les relations entre l’Afrique et des partenaires internationaux au sujet de l’énergie. Elle illustre également l’intérêt persistant des institutions africaines pour les échanges stratégiques dans un secteur en pleine transition, où les besoins en énergie, les considérations économiques et les réalités géopolitiques continuent d’évoluer.
