Retrouvez votre chaîne @TV5MONDE, dans les bouquets CANAL+ 36 . Fandaharam-potoana tsara indrindra ho anareo!
Type Here to Get Search Results !
FLASH
DEVISES

INFRASTRUCTURES TRANSFRONTALIERES | Le grand challenge de l'Afrique

Les dirigeants africains ont officiellement lancé, le 14 février 2026, le Mécanisme de financement des infrastructures africaines (AIFF), une nouvelle plateforme destinée à accélérer la préparation et le financement de projets d’infrastructures transfrontaliers prioritaires.


Les dirigeants africains ont officiellement lancé, le 14 février 2026, le Mécanisme de financement des infrastructures africaines (AIFF), une nouvelle plateforme destinée à accélérer la préparation et le financement de projets d’infrastructures transfrontaliers prioritaires. L’initiative vise à renforcer la capacité du continent à mobiliser ses propres ressources pour soutenir la mise en œuvre de Union africaine et de son programme stratégique, l’Agenda 2063.


Le lancement est intervenu lors du troisième Dialogue présidentiel de haut niveau de l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), organisé en marge du 39e Sommet de l’Union africaine, placé sous le thème : « Renforcer l’architecture financière de l’Afrique pour financer l’Agenda 2063 ». Les discussions ont mis l’accent sur la nécessité de traduire l’ambition de souveraineté financière en mécanismes opérationnels capables de mobiliser des capitaux à long terme à grande échelle. Présidant la rencontre, John Dramani Mahama, président de la République du Ghana et Champion de l’Union africaine pour les institutions financières de l’UA, a rappelé que le continent dispose de plus de 2 500 milliards de dollars de capitaux nationaux. Selon lui, l’enjeu réside moins dans la disponibilité des ressources que dans leur orientation stratégique vers les infrastructures, l’industrialisation et la création d’emplois, en cohérence avec l’Agenda 2063 et la Zone de libre-échange continentale africaine.


Les responsables réunis ont souligné que le financement du développement en Afrique demeure confronté à plusieurs obstacles structurels : fragmentation des marchés de capitaux, coût élevé du capital, accès limité à des financements de long terme et dépendance persistante vis-à-vis de systèmes financiers extérieurs. Dans ce contexte, ils ont plaidé pour un renforcement des institutions financières multilatérales africaines existantes et pour l’opérationnalisation accélérée des institutions financières prévues par l’Union africaine. Représentant la Commission de l’Union africaine, Francisca Tatchouop Belobe, commissaire en charge du développement économique, a estimé que l’AIFF pourrait contribuer à réduire le déficit annuel de financement des infrastructures, évalué à environ 221 milliards de dollars sur la période 2023-2030. Elle a présenté le mécanisme comme un exemple de coordination politique et institutionnelle accrue à l’échelle continentale.


Du côté des institutions financières, Samaila Zubairu, président et directeur général d’Africa Finance Corporation et président sortant de l’AAMFI, a souligné que l’Alliance représente plus de 70 milliards de dollars d’actifs cumulés. Il a insisté sur la nécessité d’un déploiement coordonné des bilans et de l’expertise pour combler les lacunes en matière de commerce, d’investissement et d’infrastructures. De son côté, George Elombi, président d’Afreximbank, a mis en avant l’un des objectifs centraux du nouveau mécanisme : réduire l’écart entre l’approbation politique des projets et leur exécution financière. Selon lui, de nombreux projets d’infrastructures peinent à aboutir en raison d’une préparation insuffisante, d’une structuration inadaptée ou d’un manque d’alignement avec les exigences des investisseurs de long terme.


Enfin, Corneille Karekezi, directeur général d’Africa Reinsurance Corporation et futur président de l’AAMFI, a appelé à un partage stratégique des risques et à une mobilisation accrue des capitaux nationaux et privés. Les participants ont reconnu que, malgré un engagement politique affirmé en faveur des infrastructures, les projets restent souvent entravés dès les premières phases de préparation, en raison d’un financement limité et d’une coordination régionale insuffisante. Avec l’AIFF, les dirigeants africains entendent ainsi poser les bases d’un dispositif plus intégré, destiné à transformer les engagements politiques en réalisations concrètes et à soutenir une croissance durable à l’échelle du continent.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires
* Please Don't Spam Here. All the Comments are Reviewed by Admin.