Retrouvez votre chaîne @TV5MONDE, dans les bouquets CANAL+ 36 . Fandaharam-potoana tsara indrindra ho anareo!
Type Here to Get Search Results !
FLASH
DEVISES

ILES CHAGOS | Le processus de rétrocession piétine

Le processus de rétrocession de l’archipel des Chagos à la République de Maurice connaît un nouveau coup d’arrêt au Royaume-Uni. À Londres, le gouvernement britannique a récemment retiré de l’agenda parlementaire le projet de loi destiné à ratifier l’accord conclu avec Port-Louis, signé en mai 2025.


Le processus de rétrocession de l’archipel des Chagos à la République de Maurice connaît un nouveau coup d’arrêt au Royaume-Uni. À Londres, le gouvernement britannique a récemment retiré de l’agenda parlementaire le projet de loi destiné à ratifier l’accord conclu avec Port-Louis, signé en mai 2025. Cette décision intervient sous la pression de l’opposition conservatrice et à la suite de critiques exprimées depuis les États-Unis, notamment par l’ancien président Donald Trump, relançant un débat déjà ancien mêlant considérations stratégiques, héritage colonial et droit international.


Pourtant, sur le fond, les termes de l’accord demeurent sans ambiguïté. Le Royaume-Uni reconnaîtrait la pleine souveraineté de Maurice sur l’ensemble de l’archipel des Chagos. En contrepartie, la base militaire stratégique de Diego Garcia continuerait de fonctionner dans le cadre d’un bail de longue durée, garantissant la poursuite des opérations militaires britanniques et américaines dans l’océan Indien. L’accord vise ainsi à concilier les impératifs de sécurité régionale avec les exigences contemporaines de décolonisation.


Les opposants à cette rétrocession avancent principalement un argument juridique : l’existence d’un traité anglo-américain signé en 1966, qui consacrerait, selon eux, la souveraineté britannique sur l’archipel des Chagos. Toutefois, cet argument apparaît largement contestable au regard du droit international. Un principe fondamental veut qu’un accord conclu entre deux États ne puisse créer d’obligations ou porter atteinte aux droits d’un État tiers. Or, Maurice n’était pas signataire de ce traité, alors même qu’elle revendique les Chagos comme partie intégrante de son territoire.


La chronologie des faits joue ici un rôle central. Dès le début des années 1960, les autorités britanniques avaient pleinement conscience que Maurice se dirigeait vers l’indépendance. La séparation administrative de l’archipel des Chagos du territoire mauricien, opérée avant 1968, s’inscrivait dans un contexte colonial désormais jugé incompatible avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La Cour internationale de Justice l’a clairement rappelé dans son avis consultatif, estimant que ce détachement constituait une violation du processus de décolonisation.


Ainsi, le débat ne saurait être réduit à une opposition simpliste entre impératifs de sécurité et revendications historiques. L’accord de 2025 tente précisément de dépasser cette dichotomie en intégrant les réalités géopolitiques actuelles sans renoncer aux principes juridiques fondamentaux. La question qui se pose aujourd’hui n’est donc plus celle du passé, mais celle de la capacité du droit international à s’imposer face aux résistances politiques. En définitive, le traité de 1966 ne peut constituer un verrou absolu face aux exigences contemporaines de décolonisation et de respect du droit international. Le blocage observé à Londres relève avant tout d’un choix politique, dont les implications dépassent largement le cadre britannique et interrogent la crédibilité des engagements internationaux en matière de justice postcoloniale.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires
* Please Don't Spam Here. All the Comments are Reviewed by Admin.