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MARCHE DU DIAMANT | Les préoccupations du Botswana

Le Botswana observe avec une certaine inquiétude l’impact des nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis sur le commerce mondial du diamant. Si les exportations botswanaises vers le marché américain sont désormais soumises à des droits de 15 %, ce sont surtout les tarifs de 50 % appliqués depuis août 2025 aux importations indiennes qui préoccupent les autorités.


Le Botswana observe avec une certaine inquiétude l’impact des nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis sur le commerce mondial du diamant. Si les exportations botswanaises vers le marché américain sont désormais soumises à des droits de 15 %, ce sont surtout les tarifs de 50 % appliqués depuis août 2025 aux importations indiennes qui préoccupent les autorités.


Dans un document budgétaire publié cette semaine, le ministère des Finances alerte sur les conséquences potentielles de ces mesures pour une industrie du diamant déjà affaiblie, pilier central de l’économie nationale. Les États-Unis représentent environ 55 % de la demande mondiale de diamants, tandis que l’Inde en assure près de 41 % de l’approvisionnement. Bien que le Botswana ne compte que pour 2,5 % des importations américaines de diamants, l’impact indirect est loin d'être négligeable. A noter en outre qu'une large part des diamants extraits dans le pays transite en effet par l’Inde, où sont polis près de 90 % des diamants mondiaux avant leur mise sur le marché international. Toute perturbation du maillon indien de la chaîne de valeur se répercute donc mécaniquement sur les producteurs africains.


Selon les autorités botswanaises, la hausse des droits de douane américains risque de provoquer une réaction en chaîne dans un secteur déjà confronté à un recul des prix et à un ralentissement des ventes, accentués par la montée en puissance des diamants synthétiques. La production nationale de diamants a reculé de 3,2 % sur les neuf premiers mois de 2025, pour atteindre 13,3 millions de carats, après une chute de 28 % en 2024. Sur le premier semestre 2025, les ventes ont également diminué de 13,2 % en glissement annuel. À la fin décembre 2025, les stocks de diamants ont atteint 12 millions de carats, soit près du double du plafond habituellement autorisé par le gouvernement. De Beers, principal producteur du pays, privilégie traditionnellement la constitution de stocks en période de crise afin d’attendre une amélioration des prix. Mais cette stratégie comporte des limites. « Compte tenu des niveaux actuels des stocks, ces droits de douane pourraient retarder les efforts visant à réduire les stocks importants, ce qui repousserait toute perspective de hausse de la production », avertit le ministère des Finances.


Dans ce contexte, l’économie botswanaise devrait se contracter pour la deuxième année consécutive, avec une baisse estimée à 3 % en 2025, malgré une croissance moyenne de 0,9 % sur les trois premiers trimestres de l’année. Les revenus miniers attendus pour l’exercice 2025/26 s’élèvent à 10,3 milliards de pulas (environ 748 millions de dollars), bien en deçà de la moyenne annuelle historique de 25,3 milliards. Cette chute des recettes pèsera également sur les finances publiques et limitera la capacité de l’État à soutenir les secteurs non miniers. Face à ces contraintes, les marges de manœuvre restent étroites. Même dans l’hypothèse d’un retour des prix du diamant à leurs niveaux historiques entre 2025 et 2028, les autorités n’anticipent qu’une hausse modérée des revenus, en raison d’une production structurellement limitée. 


L’augmentation des coûts liée au vieillissement des mines, l’évolution des préférences des consommateurs et la concurrence des diamants synthétiques, qui représentent désormais 20 à 30 % du marché, pèsent durablement sur les perspectives. Pour réduire sa dépendance au diamant, le Botswana mise sur l’accélération de la diversification économique. L’exploitation d’autres ressources minières, comme le cuivre, est encouragée, tout comme la mobilisation accrue des recettes intérieures. Le gouvernement prévoit également le lancement d’un « Impact Citizenship Program », visant à accorder la citoyenneté à 5 000 familles sur cinq ans contre un investissement financier, pour des revenus estimés à au moins 375 millions de dollars. Enfin, le plan quinquennal de développement de 388 milliards de pulas présenté en octobre dernier doit soutenir les réformes structurelles et renforcer la résilience de l’économie face aux chocs extérieurs.

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