Retrouvez votre chaîne @TV5MONDE, dans les bouquets CANAL+ 36 . Fandaharam-potoana tsara indrindra ho anareo!
Type Here to Get Search Results !
FLASH
DEVISES

ENTREPRISES | Comment produire plus de champions africains ?

L’Afrique compte aujourd’hui moins de 400 entreprises réalisant plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel. Et près de 40 % d’entre elles sont basées en Afrique du Sud, selon le McKinsey Global Institute.


L’Afrique compte aujourd’hui moins de 400 entreprises réalisant plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel. Et près de 40 % d’entre elles sont basées en Afrique du Sud, selon le McKinsey Global Institute. 


Si certains observateurs notent l'émergence progressive  d’un capitalisme africain capable de produire des groupes de taille mondiale, d'autres estiment que le continent doit encore s'activer pour renforcer sa capacité réelle à structurer des entreprises performantes, à lever des capitaux et à opérer sur des marchés complexes. Car la situation révèle un déséquilibre profond qui limite le nombre ainsi que l’impact de ces champions sur le développement du continent dans son ensemble. Mais les analystes sont unanimes quant au fait que les grandes entreprises constituent indéniablement une force. Elles démontrent qu’il existe en Afrique des compétences managériales solides, une expertise financière croissante et une aptitude à se projeter à l’international


Les secteurs dans lesquels elles opèrent — télécommunications, finance, énergie, distribution, matières premières — sont stratégiques et structurants pour les économies modernes. Leur présence renforce la crédibilité du continent auprès des investisseurs internationaux et contribue à l’intégration de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales. Mais cette force est aussi une fragilité. La concentration géographique et sectorielle de ces entreprises alimente une économie à deux vitesses. D’un côté, des géants bien capitalisés, connectés aux marchés financiers internationaux et capables de résister aux chocs économiques. De l’autre, une majorité de PME et de micro-entreprises qui peinent à accéder au crédit, aux infrastructures de base et aux marchés publics. Cette dualité limite la diffusion de la croissance et accentue les inégalités économiques et sociales. La répartition géographique de ces 345 entreprises met en lumière des écarts structurels persistants entre les pays africains. 


Les États disposant d’infrastructures relativement développées, d’un cadre juridique plus stable, de marchés financiers profonds et d’une stabilité politique minimale attirent naturellement davantage de sièges sociaux et d’investissements. À l’inverse, certains pays riches en ressources naturelles restent sous-représentés. Faute d’institutions solides, la valeur créée sur leur territoire est souvent captée ailleurs, via des holdings ou des structures juridiques installées dans des pays plus attractifs. Dès lors, la question centrale n’est pas tant le nombre de champions que leur rôle dans la transformation économique du continent. 


Comment faire en sorte que les grandes entreprises se multiplient et deviennent des locomotives pour l’Afrique entière, plutôt qu’un archipel d’exceptions prospères ? La réponse passe par plusieurs leviers. Le renforcement de l’intégration régionale, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), est essentiel pour élargir les marchés et encourager les chaînes de valeur régionales. Le développement de marchés financiers africains plus profonds permettrait aussi de mieux canaliser l’épargne locale vers l’investissement productif.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires
* Please Don't Spam Here. All the Comments are Reviewed by Admin.