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SIDERURGIE | L'Afrique de l'Est muscle ses ambitions

La sidérurgie s’impose de plus en plus comme un pilier stratégique du développement industriel en Afrique de l’Est. Longtemps dépendante des importations de produits transformés, la région amorce aujourd’hui un virage décisif vers la transformation locale de ses ressources naturelles.


La sidérurgie s’impose de plus en plus comme un pilier stratégique du développement industriel en Afrique de l’Est. Longtemps dépendante des importations de produits transformés, la région amorce aujourd’hui un virage décisif vers la transformation locale de ses ressources naturelles. Cette ambition s’est matérialisée récemment par le lancement officiel des travaux de construction de l’usine sidérurgique Devki Mega Steel, en présence du président ougandais Yoweri Museveni et de son homologue kényan William Ruto.


D’un coût estimé à 500 millions de dollars, l’usine est implantée à Tororo, à l’est de l’Ouganda, non loin de la frontière de la Kenya. Le projet est porté par le groupe industriel kényan Devki Group et financé par l’industriel Narendra Raval. À terme, cette méga-aciérie devrait produire jusqu’à un million de tonnes de produits sidérurgiques par an, faisant d’elle l’une des plus importantes infrastructures du genre dans la sous-région. Les retombées économiques attendues sont considérables. Selon les promoteurs, l’usine générera environ 15 000 emplois directs dès le démarrage de ses activités. Ce chiffre pourrait atteindre 20 000 emplois d’ici 2027, en tenant compte des travailleurs issus de l’ensemble de la sous-région est-africaine. 


Les chefs d’État ont salué ce projet comme un puissant levier d’indépendance industrielle et un outil de renforcement des chaînes de valeur régionales, de l’extraction des matières premières jusqu’à la transformation finale. Pour le président Yoweri Museveni, cette initiative marque une rupture avec un modèle économique longtemps centré sur l’exportation brute des ressources africaines. « Une fois pleinement opérationnel, nous ferons un pas de plus vers l’inversion du gaspillage des ressources africaines, qu’il s’agisse des ressources humaines, minérales, des emplois ou des devises étrangères », a-t-il déclaré. De son côté, William Ruto a mis en avant le potentiel du projet en matière d’emplois pour la jeunesse, de dynamisation des chaînes d’approvisionnement régionales et de renforcement de l’autosuffisance industrielle de l’Afrique de l’Est.


Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie nationale plus large de l’Ouganda. Le pays a déjà interdit l’exportation de plusieurs minerais à l’état brut afin de favoriser la création locale de valeur ajoutée. Dans son troisième Plan national de développement (PND III), Kampala ambitionne de créer 2,5 millions d’emplois pour juguler le chômage. À travers l’Autorité ougandaise des investissements (UIA), plusieurs parcs industriels ont été mis en service afin d’attirer les investisseurs dans des secteurs clés comme la sidérurgie, le ciment, l’agroalimentaire, l’électronique ou encore l’automobile.


L’Ouganda  dispose par ailleurs d’un fort potentiel minier. Il possède d’importants gisements de cuivre, de terres rares, de graphite, ainsi qu’environ 500 millions de tonnes de minerai de fer répartis dans l’est et le sud-ouest du territoire. Malgré ces atouts, il perd chaque année près de 5 milliards de dollars à cause des importations de produits sidérurgiques. Avec la mise en service de Devki Mega Steel, le Kampala espère réduire drastiquement cette dépendance, devenir un exportateur net d’acier et contribuer à la réduction du déficit commercial de toute la région est-africaine.

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