Les membres du Comité national de la dette publique (CNDP) se sont réunis ce vendredi 26 novembre  au Ministère des Finances à Brazzaville, conformément à la loi organique du 3 octobre 2017 relative aux lois de finances, qui dispose notamment que la loi de finances de l’année devrait être accompagnée de la Stratégie d’endettement public. 

La séance a été présidée par Rigobert Roger Andely, Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, en présence d’Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas de l’Economie, du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, et vice-présidente du CNDP. Et au sortir de cette réunion, le Directeur général de la Caisse congolaise d’amortissement (CAA), Théodore Ikemo, a indiqué que la stratégie à mettre en œuvre vise à aboutir à un endettement de qualité, c’est-à-dire que la dette publique sera remboursée sans accumuler des arriérés. 

La réunion, dans sa première partie, a été l’occasion d’examiner la structure de la dette du pays. Ce qui a permis de constater, entre autres, que le Congo contracte une dette en dollars fluctueux, qui donne un risque élevé de fluctuation de taux. Ainsi, la dette contractée en dollars est plus forte que la dette contractée en d’autres devises. Avec l’euro, grâce à la parité est fixe, la gestion de la dette serait mieux maitrisée.
 
Concernant la dette intérieure, la stratégie adoptée consiste à privilégier les durées longues. « Il faudra privilégier la dette des durées assez longues de remboursement, 5, 6, 7 ans, au lieu de 2 ou 3 ans, comme maintenant », a-t-il soutenu avant d’ajouter que sur les prêts extérieurs, on ne pourra s’endetter qu’avec une prudence renforcée et des conditions très douces, c’est-à-dire, à des durées de remboursement très longues et des taux d’intérêt très bas ».

S’agissant du montant de la dette intérieure, il a été indiqué qu’un audit a été confié par le Ministre des Finances à deux cabinets privés (Ernst Young et Cocages). Une dette qui a deux volets : la dette sociale (arriérés de salaires, de pensions, de bourses) et la dette commerciale (due aux commerçants). Promesse a en revanche été donnée qu’avant la fin de l’année 2021, les cabinets pourraient donner des chiffres.

A signaler que cette deuxième réunion du CNDP de l’année 2021 est intervenue dans un contexte économique marqué par l’élaboration du Programme d’action du gouvernement, dans le cadre d’un Plan national de développement (PND 2022-2026), qui requiert d’importantes mobilisations de ressources d’emprunt. Et selon les données de la Banque mondiale publiées en début d’année, la dette publique du Congo s'élevait à plus de 6 milliards de dollars.