Le Burkina Faso, en Afrique Occidentale, est sur le point de recevoir une nouvelle centrale électrique d’énergie renouvelable. L'annonce en a été faite le 15 mars dernier. Située à quelque 250 km au sud-est de la capitale Ouagadougou, près de la ville de Pâ, la nouvelle centrale solaire fournira toute l'électricité produite à la Société nationale d'électricité du Burkina Faso (SONABEL).


A noter que la centrale photovoltaïque offre une puissance crête totale de 29 967,84 kWp. Les modules PV sont installés sur des structures fixes inclinées à 15° et orientées vers le sud. Le projet comprend des onduleurs de ligne et des modules monocristallins. La centrale sera reliée au réseau électrique par un câble de 2 km conduisant à un poste auxiliaire.

Le Fonds pour le développement d'infrastructure pour l'Afrique émergente (EAIF), membre du Private Infrastructure Development Group (PIDG) prête au promoteur du projet, Urbasolar SAS, 80 % des capitaux nécessaires pour la construction de cette nouvelle centrale de 30 MW. Bailleur de fonds exclusif du projet, le EAIF finance 29 M€ des coûts de développement estimés à 35,4 M€. L'accord financier (transfert des fonds du prêteur à l'emprunteur) devrait être conclu d'ici le deuxième trimestre.

Paromita Chatterjee, Directrice-Investissement – EAIF de chez Ninety One, gestionnaire de fonds d’EAIF, explique : « Exploiter l’irradiation soleire du Burkina Faso en vue d'améliorer ses perspectives apportera de nombreux avantages au pays et une contribution importante à la lutte contre le réchauffement mondial. Ce projet est un exemple parfait des effets économiques, sociaux et environnementaux durables du modèle de partenariat public-privé du EAIF grâce à la mobilisation de capitaux et d'entreprises privés pour créer une nouvelle infrastructure. » À ce jour, le EAIF a pris en charge 20 projets d'énergie renouvelable en Afrique. Il a prêté 350 milliards de dollars américains à des promoteurs du secteur privé, offrant à l'Afrique 825 MW d'électricité propre et renouvelable.

Le point de vue d’Urbasolar



Au sujet de ce projet, Arnaud Mine, président d'Urbasolar, a déclaré qu’en tant qu'expert européen de l'énergie solaire, le groupe Urbasolar est conscient de son rôle dans le développement de cette source d'énergie en Afrique, notamment au Burkina Faso où nous sommes déjà actifs. Urbasolar est convaincu que le secteur de l'électricité solaire offre des solutions à de nombreux problèmes économiques, environnementaux et sociaux. Aussi, outre le fait qu’il fournit une électricité verte, ce projet inclut également un certain nombre d'autres mesures telles que l'éducation au sujet de la technologie solaire, des bourses d'études et un programme local de microfinancement pour les femmes, ainsi que du soutien au système de santé.

Emmanuel Kaboré, Directeur régional d'Urbasolar pour l'Afrique Occidental, estime pour sa part que ce projet « est le fruit de la volonté du président burkinabé, Rock Marc Christian Kabore, et du gouvernement d'accroître l'approvisionnement énergétique du pays par la promotion de l'investissement privé au travers de partenariats public-privé. Nous sommes très heureux de pouvoir collaborer avec le gouvernement et la société nationale SONABEL en vue d'atteindre l'objectif de production de 200 MW dans des centrales solaires d'ici 2021, conformément à la stratégie mise en place par le D r  Bachir Ismael Ouedraogo, Ministre de l'énergie, des mines et des carrières ».

Ces deux dirigeants d’Urbasolar soutiennent en outre que l’expérience du EAIF dans le secteur de l'énergie renouvelable en Afrique est un atout considérable pour des promoteurs tels qu'Urbasolar. « Nous sommes heureux de partager nos propres valeurs de développement durable et de collaborer avec le EAIF à ce projet, ce qui démontre que nous avons pour objectif commun le développement d'infrastructures durables dans les régions en plein essor », on-t-ils déclaré.

Une demande en hausse

Le Burkina Faso a une population de près de 20 millions d'habitants. Plus de 40 % vit en dessous du seuil de pauvreté. Le pays a un des taux d'électrification les plus bas du monde. La capacité installée étant insuffisante, le Burkina Faso doit importer de l'électricité des états voisins. L'urbanisation, l'évolution structurelle de l'économie et, récemment, la forte croissance du PIB ont entraîné une hausse de la demande d'électricité.



Actuellement dépendant principalement de centrales thermiques, le pays s'est engagé dans un programme visant à attirer du capital et de l'expertise de sociétés privées pour renforcer sa capacité de production électrique renouvelable. Le projet Urbasolar est l'un des premiers parmi les nouvelles centrales solaires. Une capacité d'environ 280 MW devrait être mise en service au cours des trois prochaines années.

A rappeler qu’Urbasolar a été sélectionné suite à un appel d'offres lancé par la SONABEL. Urbasolar construira et exploitera la centrale, la construction devant être achevée d'ici 18 mois. Fondée en France en 2006, Urbasolar a installé plus de 650 centrales PV et exploite actuellement des centrales de plus de 900 MW. Urbasolar fournit 20 % des capitaux du projet. 

Urbasolar est l'actionnaire majoritaire de l'installation de Pâ. Une participation minoritaire est détenue par Projet Production Solaire (PPS). Fondée en 2010 comme société spécialisée dans les énergies renouvelables et l'efficience énergétique par un groupe d'ingénieurs burkinabés, PPS exerce ses activités au Burkina Faso ainsi qu'au Togo, en Côte d'Ivoire au Bénin. En juillet 2019, Urbasolar a été rachetée par AXPO, une entreprise du secteur publique Suisse et premier producteur Suisse d'énergie renouvelable.

A propos d’EAIF

The Emerging Africa Infrastructure Fund ou le Fonds pour le développement de l'infrastructure en Afrique émergente offre une gamme  de types de financement pour des projets d'infrastructure en Afrique et au Levant, ou de sociétés du secteur privé jouent un rôle clef. 

Le Fonds affirme aider à la création d’un cadre d'infrastructure essentiel pour la stabilité économique, la confiance du monde des affaires, la création d'emplois et la lutte contre la pauvreté. À ce jour, il a contribué à la réalisation de 75 projets d'infrastructure, aujourd'hui achevés, dans neuf secteurs et plus de 20 pays africains. Fin 2018, le Fonds avait investi 20 082 Md$.

                                   

L’EAIF, géré par Ninety One, a été fondé et financé dans une large mesure (via PIDG) par les gouvernements du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Suisse et de la Suède. Il lève des capitaux auprès de sources publiques et privées telles qu'Allianz, société mondiale d'assurance et de services financiers ; la Standard Chartered Bank ; la Banque africaine de développement ; l'institution financière de développement allemande KFW et la banque de développement néerlandaise FMO.