La Commission des droits de l’homme des Nations Unies sur le Soudan du Sud a salué la décision prise par Juba d’approuver la création d’une Cour hybride de l’Union Africaine (UA), inscrite dans l’accord de paix actualisé de 2018 pour juger les crimes de guerre commis pendant plus de six ans de conflit.

L’ONU affirme que cette volonté politique des autorités du Soudan du Sud en faveur de l’instauration d’une justice de transition doit se traduire par des résultats pour les victimes.

« Après plus de deux ans de retard, le gouvernement a enfin pris les premières mesures pour lancer les principales mesures de justice transitionnelle afin de remédier aux graves violations des droits de l’homme commises au Soudan  du Sud », a déclaré la Présidente de la Commission, Yasmin Sooka.

« Le gouvernement devrait également lancer de larges consultations nationales et inclusives afin que les Sud-Soudanais puissent contribuer à la formation des autres processus de justice transitionnelle, en particulier la Commission de vérité », a déclaré pour sa part Barney Afako, membre de la Commission de l’ONU.

Il s’agit pour le pays de s’acquitter de ses obligations, notamment en accordant la priorité à la mise en place de mesures urgentes de réparation pour remédier aux préjudices et aux pertes subis par les victimes et les communautés.

Juba est appelé en outre à mener à bien tous les processus de reconstitution de l’Assemblée législative nationale de transition, qui doit promulguer la législation nationale pour établir les trois mécanismes de justice transitionnelle dans le cadre de l’accord de 2018.

Le non-respect des échéances de l’accord de 2018, « une impasse politique particulièrement prolongée », a retardé la formation du nouveau gouvernement et l’achèvement des nominations clés, empêchant la mise en place des mécanismes de justice transitionnelle.