Après avoir tenu un meeting de lancement de campagne au stade Houphouët-Boigny d’Abidjan ce samedi et déposé son dossier de candidature deux jours après, le candidat du RHDP est attendu en France pour deviser avec les autorités hexagonales…et pour prendre quelques jours de vacances. L’objectif principal d’Alassane Ouattara  est de convaincre son homologue français Emmanuel Macron que son choix controversé de briquer un troisième mandat ne plongera pas la Côte d’Ivoire dans le chaos. 

A constater qu’à Paris, des fins connaisseurs de la politique ivoirienne ne cachent pas leur fort scepticisme de voir la Côte d’Ivoire s’acheminer vers un scrutin apaisé. Selon une source auprès de la délégation de l’Union européenne, cette crainte est partagée par nombre de diplomates français en poste dans le pays qui ont suivi de près les violences émaillant certaines villes du pays depuis l’annonce de la candidature d’Alassane Dramane Ouattara (ADO), le 6 août dernier. 

Ouattara va, pour sa part, chercher à persuader la France que ses opposants ne constituent pas un bloc homogène et qu’il demeure jusqu’ici l’allié le plus sûr pour l’ancienne puissance coloniale. Sur ce volet, ADO a quelques arguments à faire valoir car il existe en effet certaines divergences entre les leaders de l’opposition aussi bien sur l’approche à adopter pour mener les mouvements de contestation que pour séduire la communauté internationale. 

Le mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro semble vouloir intensifier les contestations contre la candidature du président sortant pour rebattre les cartes et renvoyer le scrutin à plus tard. « Participer, dans ces circonstances, à une élection truquée d’avance c’est la légitimer », a-t-il prévenu dans un communiqué qui appelle au boycott des élections.  En revanche, le PDCI d’Henri Konan Bédié souhaite mettre à profit les événements pour déstabiliser significativement ADO et se retrouver au second tour de la présidentielle d’octobre en position de force. Il y a, enfin, le camp Gbagbo qui parait vouloir attendre avant de trancher. Toutefois, selon un observateur local, les opposants sont condamnés à mieux s’entendre car « la partie ne fait que commencer ».

A noter qu’Alassane Ouattara ne peut, cette fois, miser sur une CEDEAO unie pour le porter car les avis sont partagés entre les dirigeants de la sous-région. Une vraie source d’inquiétude pour ADO qui, tout en militant pour que la junte malienne qui a renversé Ibrahim Boubacar Keita soit durement sanctionnée, cherche laborieusement à trouver la parade pour éviter que les critiques croissantes à l’endroit des prétendants, déclarés ou camouflés,  à un troisième mandat ne conduisent à un inextricable imbroglio régional qui conduira la France à le lâcher pour de bon.