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MAROC - COOPERATION AGRICOLE | L'axe Rabat-Lisbonne se renforce

Le Maroc poursuit ses efforts de transformation de son secteur agricole dans un contexte marqué par des contraintes climatiques persistantes. Le 20 avril, à Meknès, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, et son homologue portugais, José Manuel Fernandes, ont signé un protocole d’accord destiné à renforcer la coopération bilatérale.


Le Maroc poursuit ses efforts de transformation de son secteur agricole dans un contexte marqué par des contraintes climatiques persistantes. Le 20 avril, à Meknès, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, et son homologue portugais, José Manuel Fernandes, ont signé un protocole d’accord destiné à renforcer la coopération bilatérale. L’accord a été conclu en marge de la Salon international de l’agriculture au Maroc 2026, rendez-vous majeur du secteur dans le Royaume.


Selon les explications fournies, ce partenariat s’inscrit dans une logique de diversification des leviers de modernisation agricole. Il couvre plusieurs axes stratégiques, dont la recherche appliquée, le développement d’une agriculture durable, l’optimisation de l’irrigation et la gestion de la santé animale. À ces volets s’ajoutent des accords conclus avec différents acteurs portugais, notamment l’Institut national de recherche agronomique et vétérinaire (INIAV), ainsi qu’avec des entreprises spécialisées dans les technologies agricoles. Pour Rabat, ce rapprochement intervient dans un contexte particulièrement contraint. Le pays sort d’un cycle prolongé de sécheresse, étalé sur près de sept années, qui a profondément affecté les équilibres du système agricole. La raréfaction des ressources hydriques a pesé sur les rendements, fragilisé les pâturages et renchéri les coûts de production, en particulier pour les éleveurs.


Les conséquences sur l’élevage sont significatives. Selon les données du ministère de l’Agriculture, le cheptel bovin et ovin a reculé de 38 % depuis 2016. Cette contraction s’explique à la fois par la dégradation des conditions d’élevage et par la hausse des prix des intrants, notamment les aliments pour bétail. Elle pose également des enjeux en matière de sécurité alimentaire et de stabilité des prix sur les marchés domestiques. Aussi, le gouvernement marocain a engagé un programme de soutien visant à reconstituer le cheptel et à renforcer la résilience du secteur. Initialement doté de 6,2 milliards de dirhams, ce plan a été porté à près de 11 milliards de dirhams sous forme d’aides directes aux éleveurs. L’objectif est double : restaurer les capacités de production et atténuer les effets des chocs climatiques sur les revenus agricoles.


L’accord avec le Portugal apparaît ainsi comme un complément à ces efforts internes. En misant sur la coopération technique et scientifique, les autorités marocaines cherchent à accélérer l’adoption de pratiques agricoles plus durables et mieux adaptées aux contraintes hydriques. L’expérience portugaise en matière de gestion de l’eau et d’innovation agricole constitue, à cet égard, un levier potentiel. Ce partenariat illustre également une volonté d’ouverture accrue aux collaborations internationales dans le domaine agricole. Dans un environnement marqué par le changement climatique, la mutualisation des expertises et le transfert de technologies apparaissent comme des facteurs clés pour renforcer la résilience des systèmes de production.


Reste que les défis structurels demeurent importants. L’amélioration de la productivité agricole, la sécurisation des ressources en eau et la modernisation des filières nécessitent des investissements soutenus et une coordination étroite entre les acteurs publics et privés. Dans ce cadre, la mise en œuvre effective des engagements pris avec le Portugal sera déterminante. À moyen terme, ce partenariat devrait contribuer sensiblement à soutenir la transition du modèle agricole marocain vers une approche plus durable et plus performante. Il s’inscrit, plus largement, dans une stratégie visant à concilier impératifs de production, adaptation climatique et développement économique.

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