Alors que l’innovation et la recherche s’imposent comme des moteurs essentiels du développement économique, l’Afrique présente encore des écarts marqués en matière d’investissements dans la Recherche & Développement (R&D). Diverses études mettent en évidence ces inégalités à travers un classement des pays africains selon leurs dépenses en R&D rapportées au produit intérieur brut (PIB).
Les informations disponibles révèlent une réalité contrastée : quelques pays concentrent l’essentiel des efforts, tandis que la majorité du continent reste en retrait. En tête, l’Égypte se distingue nettement avec 1,03 % de son PIB consacré à la recherche. Ce niveau, bien qu’encore inférieur à la moyenne mondiale, traduit une volonté affirmée de renforcer les capacités scientifiques et technologiques nationales. Derrière elle, plusieurs pays affichent également des performances relativement solides. Le Kenya (0,81 %) et le Rwanda (0,79 %) illustrent le dynamisme de l’Afrique de l’Est, où les politiques publiques favorisent l’innovation, notamment dans les secteurs du numérique et des services. En Afrique du Nord, la Tunisie (0,75 %) et le Maroc (0,65 %) confirment leur engagement dans la recherche, soutenu par des universités actives et des partenariats internationaux. La Namibie (0,65 %) figure également parmi les pays les plus investis, bien qu’elle dispose d’une économie de taille plus modeste.
À l’opposé, certains pays peinent à mobiliser des ressources suffisantes pour soutenir la R&D. Le Tchad se situe en bas du classement avec seulement 0,30 % de son PIB consacré à ce secteur. Il devance de peu le Nigeria et la Zambie, tous deux à 0,28 %. Cette situation est préoccupante, car elle limite la capacité de ces pays à développer des solutions locales face aux défis majeurs du continent. Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs : contraintes budgétaires, priorités politiques orientées vers des besoins immédiats, faiblesse des infrastructures scientifiques ou encore manque de coordination entre les acteurs publics et privés. Pourtant, les enjeux sont considérables. La R&D joue un rôle clé dans l’amélioration des systèmes de santé, la modernisation de l’agriculture, la transition énergétique ou encore l’industrialisation.
À l’échelle continentale, les investissements restent globalement insuffisants. En moyenne, l’Afrique consacre moins de 0,5 % de son PIB à la recherche, un chiffre largement inférieur à la moyenne mondiale, estimée à environ 2,2 %. Cet écart souligne le retard du continent dans la compétition mondiale de l’innovation, mais aussi le potentiel de progression important. Face à cette situation, de nombreux experts appellent à une mobilisation accrue des États africains, mais aussi du secteur privé et des partenaires internationaux. Renforcer les financements, soutenir les chercheurs et encourager les collaborations régionales pourraient permettre de réduire ces inégalités et de faire de la R&D un véritable levier de transformation.
