Le gouvernement zambien s'active dans la transformation de son système éducatif en s’engageant résolument vers l’intégration de l’intelligence artificielle. Dernièrement, un mémorandum d’accord (MoU) a été signé à Lusaka entre les autorités zambiennes et la société britannique Obrizum Group Ltd. Cette initiative, annoncée par le ministère de la Technologie et des Sciences, marque une première dans la politique éducative du pays.
Ce partenariat vise, dans un premier temps, les élèves du secondaire, avec une extension progressive vers les établissements d’enseignement technique, professionnel et entrepreneurial (TEVET). Le lancement du projet pilote est prévu pour la mi-avril 2026. L’objectif annoncé est de transformer en profondeur les méthodes d’apprentissage grâce à des outils technologiques avancés. Au cœur du dispositif, l’intelligence artificielle jouera un rôle clé en permettant de personnaliser l’éducation. Les solutions développées seront capables d’analyser en temps réel les besoins, les capacités et les progrès de chaque élève. Cette approche individualisée permettra d’adapter les contenus pédagogiques à chaque profil, offrant ainsi une expérience d’apprentissage plus efficace et inclusive.
Selon Chibeza Agley, cette collaboration ambitionne de « transformer l’expérience éducative des apprenants et des enseignants » grâce à des solutions innovantes. L’implication de Université de Cambridge, à laquelle Obrizum est adossée, renforce la crédibilité du projet. Pour le ministre zambien de la Technologie et des Sciences, Felix Mutati, cette initiative positionne la Zambie comme un acteur capable d’adopter des solutions éducatives compétitives à l’échelle mondiale. Au-delà de l’innovation technologique, ce projet répond à des enjeux sociaux majeurs. Le gouvernement souhaite réduire les inégalités d’accès à l’éducation, notamment entre zones urbaines et rurales. Grâce à l’IA, un élève vivant dans une région isolée pourra bénéficier des mêmes ressources pédagogiques qu’un élève en milieu urbain.
Les données générées permettront également aux enseignants de mieux comprendre les besoins de leurs élèves et de concevoir des parcours d’apprentissage sur mesure, redéfinissant ainsi leur rôle. Cette réforme intervient dans un contexte éducatif préoccupant. Selon une étude de l'UNICEF, seulement 63 % des élèves zambiens passent du primaire au secondaire, principalement en raison du manque d’infrastructures. De plus, moins de la moitié des élèves du secondaire accèdent à l’enseignement supérieur ou technique, une situation qui affecte particulièrement les jeunes filles, souvent confrontées aux mariages précoces et aux grossesses adolescentes.
La qualité de l’enseignement constitue également un défi. Les performances académiques restent faibles, avec des moyennes inférieures à 35 % en anglais et en mathématiques pour les élèves de cinquième année. Ces lacunes ont des répercussions directes sur le marché du travail, dans un pays où la population est très երիտասարդ, avec un âge médian de 18,2 ans selon les données des Nations unies. Dans ce contexte, l’intégration de l’intelligence artificielle apparaît comme une réponse prometteuse. En améliorant l’efficacité de l’apprentissage et en favorisant une éducation plus équitable, la Zambie espère mieux préparer sa jeunesse aux exigences du monde moderne. Ce projet pourrait ainsi devenir un modèle pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires, illustrant le potentiel de la technologie au service du développement éducatif.
