Le marché du travail sud-africain affiche une trajectoire encourageante. Selon des données publiées le mardi 17 février par Statistics South Africa (Stats SA), le taux de chômage s’est établi à 31,4 % de la population active au quatrième trimestre 2025. Il s’agit de son niveau le plus bas depuis le troisième trimestre 2020, marquant un recul de 0,5 point de pourcentage par rapport au trimestre précédent, où il atteignait 31,9 %.
Cette amélioration, bien que modeste, constitue un signal encourageant pour la première économie industrialisée du continent africain. Elle reflète principalement une dynamique de création d’emplois dans plusieurs secteurs clés entre le 1er octobre et le 31 décembre 2025. Les services communautaires et sociaux ont généré 46 000 nouveaux emplois, suivis par la construction avec 35 000 postes supplémentaires. Le secteur financier a créé 32 000 emplois, tandis que l’agriculture a contribué à hauteur de 30 000 emplois. Au total, sept des dix secteurs suivis par l’agence nationale de statistiques ont enregistré une hausse de l’emploi au cours du trimestre considéré. Cette tendance traduit un certain regain d’activité économique, soutenu par des conditions plus favorables qu’au cours des années précédentes.
Toutefois, le tableau reste contrasté. Des pertes d’emplois significatives ont été observées dans le commerce, qui a supprimé 98 000 postes, ainsi que dans l’industrie manufacturière, en recul de 61 000 emplois. Le secteur minier, historiquement central dans l’économie sud-africaine, a également perdu 5 000 emplois. Ces chiffres illustrent les défis structurels persistants auxquels le pays demeure confronté, notamment dans les secteurs traditionnels soumis à une forte concurrence internationale et à des contraintes de compétitivité.
Le chômage en Afrique du Sud avait franchi la barre des 30 % durant la pandémie de Covid-19, une crise qui a profondément affecté l’activité économique nationale. Depuis, malgré diverses initiatives gouvernementales destinées à stimuler la croissance et l’emploi, le taux est resté durablement élevé. La baisse enregistrée au quatrième trimestre 2025 intervient dans un contexte d’amélioration progressive de la conjoncture économique. Parmi les facteurs ayant contribué à cette embellie figurent l’atténuation de la crise énergétique qui affectait le pays depuis plusieurs années, ainsi que la résorption progressive des goulots d’étranglement logistiques. Les délestages électriques répétés, qui avaient freiné la production industrielle et découragé l’investissement, ont diminué en intensité, permettant à de nombreuses entreprises de stabiliser ou d’accroître leurs activités. De même, l’amélioration des chaînes d’approvisionnement a facilité les échanges commerciaux et soutenu la reprise dans certains secteurs.
Il convient néanmoins de préciser que la définition du chômage retenue par Statistics South Africa exclut les « actifs découragés », c’est-à-dire les personnes sans emploi qui ont renoncé à en chercher activement. En Afrique du Sud, seules les personnes engagées dans une recherche active d’emploi sont comptabilisées comme chômeurs. Si l’on inclut ces actifs découragés, le taux de chômage élargi atteint 42,1 % au quatrième trimestre 2025, contre 42,4 % au trimestre précédent. Ce taux élargi met en lumière l’ampleur du défi social auquel le pays reste confronté. Malgré l’amélioration récente, une part importante de la population en âge de travailler demeure exclue du marché de l’emploi. La consolidation de la reprise économique, le renforcement des investissements et la diversification des secteurs porteurs apparaissent ainsi essentiels pour inscrire cette tendance à la baisse dans la durée et favoriser une croissance plus inclusive.
