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BANQUE AFRICAINE DE L'ENERGIE | Le plaidoyer de Benedict Oramah

Ancien président d’Afreximbank, l’économiste nigérian Benedict Oramah appelle les investisseurs africains et internationaux à soutenir la Banque africaine de l’énergie (BAE), une institution pensée pour accompagner la transition énergétique du continent selon ses propres réalités.


Ancien président d’Afreximbank, l’économiste nigérian Benedict Oramah appelle les investisseurs africains et internationaux à soutenir la Banque africaine de l’énergie (BAE), une institution pensée pour accompagner la transition énergétique du continent selon ses propres réalités. Pour lui, la BAE incarne une réponse stratégique à un défi majeur : concilier impératifs climatiques mondiaux, accès universel à l’énergie et développement économique de l’Afrique.


Les grands rendez-vous internationaux récents — réunions annuelles de la Banque mondiale à Washington, COP30 de Belém au Brésil ou encore G20 de Johannesburg — ont une nouvelle fois placé la lutte contre le changement climatique au cœur des débats. Mais pour l’Afrique, l’enjeu dépasse la réduction des émissions. Il s’agit avant tout d’éviter que des normes conçues ailleurs ne soient imposées sans tenir compte des réalités économiques, sociales et énergétiques du continent. Fort de son expérience à la tête d’Afreximbank, Benedict Oramah rappelle combien des politiques déconnectées du terrain peuvent freiner les capacités de financement, d’industrialisation et de croissance.


La transition énergétique, telle qu’elle est aujourd’hui promue à l’échelle mondiale, repose sur le passage accéléré des énergies fossiles vers les renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la sobriété des usages. Si ces objectifs sont légitimes, ils doivent, selon Oramah, être adaptés aux contextes nationaux. Lors de la COP, l’Afrique a obtenu une avancée majeure : la reconnaissance de l’accès à l’énergie comme pilier central de la transition juste. Un point fondamental pour un continent où l’électricité reste un privilège pour une large partie de la population.


Actuellement, le taux d’électrification en Afrique demeure inférieur à 45 %, et près de 680 millions de personnes vivent encore en situation de pauvreté énergétique. Dans ce contexte, l’accès à une énergie fiable, abordable et moderne n’est pas un luxe, mais une condition préalable à l’industrialisation, à l’intégration commerciale et à l’amélioration du bien-être des populations. La transition énergétique ne peut donc réussir sans combler ce déficit structurel, tout en stimulant la croissance. Or, prévient Benedict Oramah, une trajectoire unique imposée à l’ensemble du continent serait contre-productive. L’Afrique représente environ 9 % de la production mondiale de pétrole et détient plus de 7 % des réserves prouvées. Les hydrocarbures devraient encore représenter plus de 60 % du mix énergétique africain à l’horizon 2040. Les exclure brutalement reviendrait à fragiliser l’accès à l’énergie et à compromettre les ambitions industrielles de nombreux pays producteurs.


C’est précisément pour éviter cette impasse qu’a été soutenue la création de la Banque africaine de l’énergie. Sa mission est claire : orienter les capitaux de manière équilibrée entre énergies fossiles et renouvelables, en fonction des besoins réels des États africains. La BAE se veut un outil financier africain, capable de financer une transition progressive, inclusive et pragmatique, sans opposer systématiquement durabilité et développement. Cette vision, qui refuse la stigmatisation des producteurs d’hydrocarbures tout en intégrant les objectifs climatiques, a été réaffirmée lors du G20 de Johannesburg. Elle a également valu à Benedict Oramah une reconnaissance internationale avec le Mohammed S. Barkindo Lifetime Achievement Award, saluant son engagement en faveur d’une Afrique maîtresse de ses choix énergétiques. Pour l’ancien dirigeant d’Afreximbank, investir dans la BAE, c’est investir dans une transition énergétique africaine souveraine, juste et réaliste, au service du développement du continent et de sa place dans l’économie mondiale.

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