Malgré la crise sanitaire, la Banque mondiale (BM) constate que les migrants ont fait preuve d’une grande solidarité vis-à-vis de leur pays d’origine. Avec une baisse de seulement 1,6 %, les envois d’argent internationaux ont plutôt bien résisté aux chocs économiques qui ont secoué les pays d’accueil. L’institution de Bretton Woods remarque en outre que les transferts d’argent dématérialisés, notamment ceux vers l’Afrique, connaissent un développement spectaculaire.

D’après cette institution, les résultats d’une enquête menée en France auprès des diasporas africaines ont confirmé la solidité de ces flux. Si cette résilience témoigne de la force du soutien des migrants envers leurs proches, elle s’explique également, selon toujours la Banque mondiale, par les plans de relance contracycliques adoptés dans la plupart des pays avancés. « C’est aussi le signe d’un report massif des transferts sur les services numériques et formels », a-t-elle également noté.

La crise a ainsi été aux origines d’une accélération significative du déploiement des services d’envoi d’argent dématérialisés. Depuis le début de l’année 2020, la Banque observe une hausse de l’offre et de l’envergure des services numériques de transferts d’argent : lancement de l’application Ria mobile en Europe, déploiement des services numériques de MoneyGram dans 28 pays africains, etc. 

Selon le site Apptopia, les téléchargements de transferts sur mobile auraient connu une croissance de plus de 40 % depuis 2019. De même, plus d’un tiers des membres des diasporas envoyant de l’argent auraient davantage utilisé les outils numériques depuis 2020.

Et la Banque mondiale de soutenir que le boom de la dématérialisation des transferts constitue une véritable opportunité pour se rapprocher des objectifs de baisse des coûts fixés par le G20. Malgré les contraintes opérationnelles causées par la pandémie, le coût moyen d’envoi est passé de 6,8 % fin 2019 à 6,5 % au dernier trimestre 2020. Le coût d’envoi via les services numériques s’établit quant à lui à 5,1 %.
 
L’enjeu est particulièrement fondamental pour l’Afrique subsaharienne qui reste à la fois la destination la plus coûteuse et où on compte le plus grand nombre de comptes mobiles actifs. La baisse du coût des transferts via la dématérialisation des services devrait favoriser le recours à des canaux formels et l’inclusion financière dans les pays pauvres, avec des effets significatifs sur le développement.