Depuis le 1er septembre, la Délégation de l’Union européenne en Côte d’Ivoire a renforcé son rôle régional avec l’installation à Abidjan de plusieurs collaborateurs chargés des partenariats avec les pays de la région. Cette évolution vise à regrouper dans la capitale ivoirienne des compétences consacrées notamment au programme Global Gateway et aux priorités de la « Team Europe ».
Le dispositif concerne des collaborateurs intervenant dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Leur présence à Abidjan doit permettre de constituer des pôles d’expertise capables de concevoir et de coordonner des programmes dépassant le cadre strictement national. L’objectif affiché est de favoriser des investissements et des projets ayant une portée régionale et des effets durables sur les économies concernées. La création de ce hub ne signifie pas le retrait des équipes européennes présentes dans les autres délégations. Les collaborateurs désormais basés à Abidjan auront vocation à se déplacer dans les pays relevant de leur juridiction, tout en continuant à travailler avec les équipes locales implantées notamment en Sierra Leone, au Liberia, au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
Cette organisation doit permettre de combiner une concentration des compétences avec une présence de proximité. Les équipes restées dans les différentes délégations conserveront notamment leur rôle dans les relations quotidiennes avec les autorités, les institutions et les partenaires locaux. Pour l’Union européenne, cette articulation doit faciliter la préparation de projets communs tout en maintenant une connaissance directe des réalités nationales. Selon Irchad Ramiandrasoa Razaaly, ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, cette évolution doit approfondir l’engagement européen dans des secteurs présentant une dimension régionale. Il cite notamment les corridors, l’interconnexion, le rail, les infrastructures portuaires, l’énergie, les transports, la digitalisation et les chaînes de valeur agro-industrielles. L’approche doit également conserver une dimension consacrée au développement du capital humain, à travers notamment la formation professionnelle et l’enseignement technique destinés aux jeunes.
Le renforcement du dispositif européen à Abidjan représente également un changement concret pour la Délégation. Vingt-quatre nouveaux collaborateurs viennent rejoindre une équipe qui comptait déjà une soixantaine de personnes. Cette augmentation des effectifs implique des adaptations dans les espaces de travail, l’organisation interne et les méthodes de collaboration. Outre les considérations matérielles, le fonctionnement du hub devra trouver un équilibre entre centralisation de l’expertise et maintien des relais nationaux. La capacité à coordonner des projets régionaux dépendra notamment de la circulation de l’information entre Abidjan et les différentes délégations, ainsi que de la qualité des relations avec les partenaires locaux.
Un observateur averti de l'écosystème de coopération régionale note qu'avec cette nouvelle configuration, Abidjan devient un point d’appui de premier plan pour l’action de l’Union européenne en Afrique de l’Ouest. Et lui d'ajouter que ce nouveau dispositif devrait pouvoir accompagner plus efficacement des projets dont l’échelle dépasse les frontières nationales, tout en maintenant une présence au plus près des partenaires et des territoires concernés.
